Le siège de l’OPEP à Vienne (photo publiée sur le site de l’APS).

Dans son rapport mensuel paru aujourd’hui, l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole a annoncé que sa production avait légèrement diminué en octobre de 256.000 barils par jour.

 

  

A en juger par son rapport du mois de novembre 2015, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ne semble pas vouloir dévier de sa stratégie de maintien d’une production excédant largement la demande afin d’affaiblir la concurrence. En effet, elle n’a annoncé, dans ce document, qu’une petite baisse de la production de ses pays membres au mois d’octobre dernier.

L’OPEP estime son volume d’extraction à 31,38 millions de barils par jour (bpj) pour le mois d’octobre 2015, soit 256.000 bpj de moins qu’en septembre. Cette réduction plutôt dérisoire ne remet pas en cause l’optimisme de l’organisation, qui maintient ses prévisions de croissance de la demande mondiale de 1,25 millions de bpj pour l’année 2016.

L’OPEP estime que la « réduction des investissements (des pays hors-OPEP) de près de 200 milliards de dollars cette année et la suivante créeront un trou béant dans l’offre ». La stratégie des pays membres, au premier rang desquels se trouve l’Arabie Saoudite, serait de continuer la politique de surproduction pour éliminer une partie des concurrents et augmenter leurs parts de marché.

 

El Badri : « Nous prévoyons que 2016 créera des résultats positifs » 

Plus tôt dans la semaine, le secrétaire du général de l’OPEP, Abdallah El Badri, confirmait cette vision, estimant que les prix du pétrole remonteraient en 2016, ce qui est une raison, selon lui, de ne pas baisser la production. « Nous suivons attentivement le marché jour après jour, mois après mois. Nous prévoyons que 2016 créera des résultats positifs », a-t-il notamment déclaré lors d’une conférence à Abu Dhabi, lundi dernier.

Cet optimisme est réitéré dans le rapport rendu public aujourd’hui : « Les réserves stratégiques de pétrole ont augmenté dans certains pays comme la Chine et l’Inde qui ont profité des prix bas. C’est une tendance qui a des chances de continuer. De plus, un hiver plus froid ou plus long que prévu, ainsi qu’une activité économique meilleure que prévue, pourrait soutenir une demande croissante.»

La politique initiée par l’Arabie Saoudite connaît, néanmoins, de plus en plus d’opposants au sein même de l’OPEP. Ces derniers jours, des plaintes de plus en plus virulentes ont émané de certains pays membres, dans un contexte marqué par la baisse des prix (le prix du baril de Brent a chuté à 47 dollars dernièrement).

Il n’est pas à écarter que ces dissensions se cristallisent lors de la très attendue rencontre à Vienne, le 4 décembre prochain, entre les membres de l’OPEP et les cinq producteurs hors organisation, que sont la Russie, le Mexique, le Brésil, le Kazakhstan et la Colombie.