Photo publiée sur le site de l’Agence Ecofin.

L’actionnaire principal de la Société anonyme marocaine de l’industrie du raffinage (SAMIR), le saoudien Corral, avait promis un apport d’argent frais de 1,3 à 1,5 milliard de dirhams. Selon une ‘’source autorisée‘’ citée par le site Media24, s’il ‘’ne respecte pas cet engagement dans un délai raisonnable, l’Etat marocain est prêt à un nouveau tour de table pour une reprise de la raffinerie, plus sérieux’’.

 

 

La Société anonyme marocaine de l’industrie du raffinage (SAMIR), unique raffinerie du Maroc, a cessé sa production de carburants depuis jeudi dernier, victime de grosses difficultés financières. Dimanche, des sources officieuses parlaient déjà de sa reprise par l’Etat, sinon d’un nouveau ‘’tour de table’’ pour renflouer cette société, dont les cotations en bourse ont été suspendus par le gendarme de la bourse de Casablanca, le Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM). 

La SAMIR, chargée du raffinage, de la distribution et de l’exportation de produits d’hydrocarbures, est détenue majoritairement par Corral Petroleum Holding Maroc, qui est détenu lui-même par l’investisseur saoudien d’origine éthiopienne Mohammed Ben Hussein Al Amoudi (un portefeuille de 8.004.905 actions, soit 67,3% du capital).

La cessation de production de la SAMIR, dont le siège est à Mohammadia, sur la côte atlantique entre Rabat et Casablanca, a fait réagir le ministère de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement et le Groupement des pétroliers au Maroc (GPM), soucieux d’assurer un approvisionnement régulier du marché, en cette période de vacances, propice à une forte demande de carburants.

 

L’actionnaire principal mis en cause par les autorités

 

Selon le ministère, la SAMIR fait face à une rupture de stocks en pétrole brut. Il précise, cependant, qu’elle est confrontée à des difficultés financières l’empêchant de poursuivre son activité normale. Mais, officieusement, débute un bras de fer entre le Maroc et les milieux d’affaires saoudiens qui détiennent majoritairement cette société. ‘’Le Maroc ne veut plus que le problème persiste ou qu’il y ait de nouveaux arrêts d’activité’’, indique une source officielle marocaine au site Media24. ‘’L’actionnaire de référence a été informé de ce que le Maroc attend de lui : soit il respecte ses engagements, y compris en apports d’argent frais, soit l’Etat prendra ses responsabilités’’, ajoute cette même source. 

Le saoudien Corral, avait promis, dans le plan de restructuration, un apport d’argent frais de 1,3 à 1,5 milliard de dirhams. Citant la même source autorisée, Media24 indique que ‘’si l’actionnaire ne respecte pas cet engagement dans un délai raisonnable, l’Etat marocain est prêt à un nouveau tour de table pour une reprise de la raffinerie, plus sérieux’’. 

 

Cotation bloquée

 

Mercredi, à l’annonce des difficultés financières de la raffinerie marocaine, la Bourse de Casablanca avait décidé la suspension de la cotation à compter de jeudi, de ses titres de capital. Dans un avis publié sur son site web, elle avait expliqué : « Suite à la demande du Conseil déontologique des valeurs mobilières, la cotation des titres du raffineur marocain est suspendue à partir du 6 août courant, et ce, en attente de publication d’informations importantes ».

La SAMIR, qui a clôturé la séance de la veille sur un repli de 10 % de ses actions, avait révélé la veille, dans un communiqué, que « l’approvisionnement de la raffinerie en pétrole brut enregistrera un retard en raison de la situation sur le marché international et des difficultés financières de la société ».

 

Un bilan 2014 catastrophique

 

Les soucis financiers de l’unique raffinerie du Maroc sont à chercher dans le bilan 2014 catastrophique. Pour la seconde année consécutive, son bilan a été négatif, dans le sillage de la baisse des cours mondiaux du pétrole. Pour 2014, son résultat net a été négatif à -3,42 millions de dirhams contre 320 MDH en 2013. Le résultat financier est resté, lui, stable à -400 MDH. Quant à son chiffre d’affaires, il a enregistré une baisse de 10%, et s’est établi à 44,04 MMDH, sur fond de repli de 12% des exportations.

La SAMIR affichait fin 2014 une capitalisation de 3,35 milliards de dirhams (MMDH) et le cours de son action avait chuté de 10% à 281,75 dirhams par action. Ce trou d’air s’est poursuivi en 2015: l’action de la société s’est dépréciée à la fin mai dernier à la bourse de Casablanca de 2,47% à 176DH.

 

(*) Photo de une: Le Matin.ma