Aimants au néodyme sous forme de cubes (photo Wikipedia).

La tendance vers le renoncement aux énergies fossiles – principalement le pétrole – et à l’énergie nucléaire s’explique plutôt par l’avancée notoire des technologies de traitement des terres rares, à savoir les aimants en néodyme, le silicium et le lithium.

 

Le passage de l’âge de pierre à l’âge du bronze n’a pas été provoqué par la disparition des roches sur terre ! De même, l’abandon des centrales électriques et des machines fonctionnant au charbon au profit de celles fonctionnant au pétrole s’est justifié par des raisons de coût et de commodité. L’argument selon lequel les énergies fossiles seront abandonnées au fur et à mesure de l’épuisement des champs pétroliers et gaziers est facile à réfuter : si ces énergies se raréfient on-shore, on pourra toujours aller les chercher au fond des océans.

La tendance vers le renoncement aux énergies fossiles – principalement le pétrole – et à l’énergie nucléaire s’explique plutôt par l’avancée notoire des technologies de traitement des terres rares, à savoir les aimants en néodyme, le silicium et le lithium.

L’aimant en néodyme constitue un composant principal et coûteux dans la nouvelle génération de génératrices éoliennes, hydro-éoliennes, houmotrices, thermo-solaires, thermiques… Ces nouvelles génératrices d’électricité commencent à produire même avec de faibles mouvements et supportent une large plage de variations de vitesse ou de fréquences. Mieux encore, leurs fabricants les proposent pour une longue durée de vie de 25 ans et plus et la durée de vie de ce genre d’aimant dépasse quatre siècles. Leurs coûts ne cessent de baisser. Par exemple, les génératrices à aimants permanents de puissance de 2 kW – l’équivalent de la consommation nationale moyenne d’un foyer – sont proposées entre 350 et 600 dollars par des fabricants chinois.

Le silicium est le composant principal de cellule photovoltaïque. Le traitement poussé de ces cellules et leur production en grande série ont nettement fait chuter leur prix. Une cellule à une crête d’un watt qui, il y a 2 années, coûtait entre 0,6 dollar et 0,7 dollars par watt est proposée aujourd’hui par les fabricants chinois pour un plus bas prix de 0,3 dollar par watt. Une étude confirme qu’entre 2009 à 2018, les prix des PV ont baissé de 62%. Cette tendance va se prolonger, surtout quand on sait que le gouvernement chinois a investi 86,5 milliards de dollars en 2017 dans les centrales PV pour une production de  53 GW, selon une publication du 16 janvier 2018 de Bloomberg Hew Energy Finance.

Même timide, l’optimisation du lithium, matière principale des batteries, continue à améliorer les stockages de l’électricité, du moins à l’échelle d’une habitation. Les découvertes récentes d’autres matières utiles aux batteries comme le sodium-ion, qui est disponible en abondance – contrairement au lithium, qui est une matière rare – va conduire à une chute libre des coûts des énergies nouvelles et renouvelables.

Ainsi, le développement du e-commerce – qui favorise la vente directe – aidant, c’est le marché de l’autoproduction d’énergie qui s’imposera comme tendance lourde. Cela se fera dans un contexte marqué par les atermoiements ou les lenteurs des Etats des pays producteurs d’énergies fossiles et nucléaires, d’une part, et, d’autre part, les investissements colossaux des Etats ayant compris que l’avenir est dans les ENR, comme le Danemark, la Finlande en Europe, la Chine et l’Inde en Asie.

La question qui se pose ici en Algérie est la suivante : à qui Sonelgaz vendra-t-elle demain son électricité et à qui Sonatrach vendra-t-elle son pétrole (quand les sociétés clients européennes refusent déjà de signer avec elle des contrats de longue durée) ?