Pour son numéro de rentrée en 2019, le café presse politique a dû rattraper dans la bousculade l’actualité tonitruante du début de l’année.  

Le ministère de la Défense nationale a adressé à trois reprises en l’espace d’une semaine des menaces directes contre les anciens militaires retraités qui s’expriment en public sur la situation du pays. Le compte est vite fait, le général-major à la retraite Ali Ghediri est le seul à l’avoir fait ces dernières semaines, c’est lui qui est ciblé. Pourquoi le chef d’Etat-Major Gaïd Salah  perd-t-il son calme pour une expression publique d’un ancien haut gradé de l’ANP qui n’était pas du tout connu du large public auparavant ? Parce qu’il s’apprête à annoncer sa candidature à la présidence de la République et que ce scénario n’était pas prévu par « ce qui reste du système » pour reprendre une formule évoquée dans ce CPP.

C’est en tout cas ce que pense savoir quelques animateurs de ce numéro autour de Daikha Dridi. Mais est-ce qu’une candidature, même se prétendant être une candidature de rupture, portée à 4 mois de l’échéance des présidentielles par un homme apparenté au système, peut-elle être éviter le piège de s’offrir en lièvre pour le 5e mandat de Abdelaziz Bouteflika revenu en force ces quinze derniers jours ?  Certains intervenants pensent que cela est inévitable. D’autres non.

La candidature pressentie de Ali Ghediri aurait surtout l’avantage de chambouler les cartes. Pas seulement celles du pouvoir. L’opposition aussi risque de se diviser – un peu plus- sur le cas Ghediri. Car le premier potentiel de soutien viendrait plutôt de là que du système, même si on prête à l’ancien directeur central du personnel militaire, d’être soutenu par nombre de ses collègues importants par les anciens de l’ANP : les fameux cercles occultes auxquels renvoient la communication de la présidence et du MDN dans une troublante convergence sémantique.  Le général Ghediri soutenu par le Général Toufik ? Le CPP a dit – dans la divergence – ce qu’il faut en penser au stade actuel du feuilleton des élections algériennes.  A écouter (Soundclound) et à regarder (Youtube),  sans modération.