La Chine va importer pour 8000 milliards de dollars de biens et de services sur cinq ans. Une opportunité pour les entreprises algériennes? L’agence Xinhua a posé la question au directeur de la Safex et à des experts Algériens.

 

La première Foire internationale des importations de Chine (CIIE) qui se déroulera du 5 au 10 novembre 2018 à Shanghai sera une opportunité idoine pour les hommes d’affaires algériens de promouvoir leurs offres et d’arracher des contrats, ont déclaré des experts et des officiels algériens à Xinhua.

Vu que la Chine a annoncé son intention d’importer des biens et des services pour un montant de 8 000 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années, des opérateurs économiques algériens comptent saisir cette opportunité qu’offre le vaste marché chinois.

Dans ce contexte, le directeur de la Société algérienne des Foires et Exportations (SAFEX), Ali Ferrah, a indiqué à Xinhua que l’entrée des marchandises algériennes sur le marché chinois leur facilitera l’accès au marché asiatique tout entier.

« Parmi les produits algériens qui représentent un fort potentiel de compétitivité sur les marchés étrangers il y a en premier lieu les produits agricoles et les produits agroalimentaires », a dit M. Ferrah, précisant que la CIIE verra la participation de 14 sociétés spécialisées dans l’électroménager, l’industrie alimentaire, le textile et le tourisme.

Pour le moment, a ajouté le même responsable, « certains produits algériens sont connus en Chine, et des rendez-vous commerciaux comme celui de Shanghai feront connaître d’autres ».

A propos de la CIIE, M. Ferrah a relevé son caractère pionnier puisqu’il s’agit d' »un événement sans précédent, car c’est la première fois qu’il s’agisse d’une exposition exclusivement consacrée aux importations ».

Pour la circonstance, il a appelé les opérateurs algériens « à être plus entreprenants » et à faire preuve d’offensive économique en présentant de meilleurs produits pour pénétrer le marché asiatique en général.

 

Manque de réactivité algérienne


Pour sa part, le professeur Kamel Rezig, spécialiste en économie, a déploré à Xinhua le manque de réactivité des entreprises algériennes pour exporter en Chine. Elles n’ont, selon lui, pas su saisir les opportunités offertes par le gouvernement chinois dans ce sens.

En dépit des solides relations bilatérales liant Beijing et Alger et du nombre important d’investissements chinois réalisés en Algérie, les opérateurs algériens sont totalement absents du monde chinois des affaires, a ajouté M. Rezig.

Si les produits industriels et agricoles algériens entraient sur le marché chinois, a-t-il dit M. Rezig, ce serait un grand succès pour l’économie algérienne, étant donné que la Chine offre un marché prometteur avec ses 1,3 milliard de consommateurs.

« le marché chinois offre plus de facilitations par rapport aux marchés occidentaux, et j’espère que le gouvernement algérien et les opérateurs feront preuve de plus de volonté pour saisir cette opportunité », a-t-il affirmé.

Premier fournisseur de l’Algérie

La Chine est le plus grand fournisseur commercial de l’Algérie pour la cinquième année consécutive. En 2017, les exportations chinoises vers l’Algérie se sont chiffrées à 8,3 milliards de dollars, soit 18,1% du total des importations de ce pays d’Afrique du Nord sur un global de 45,95 milliards de dollars.

En termes de relations politiques, Beijing et Alger ont élevé leurs relations bilatérales d’un partenariat stratégique, conclu il y a 13 ans, à un niveau de partenariat stratégique global, à l’occasion de la célébration en 2014 du 55e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques sino-algériennes.