Dans le sillage de l’annonce de la « fin progressive » des subventions de l’Etat, le ministre de l’Intérieur et des collectivités locales affirme que la contrebande des produits subventionnés coûtent 3 milliards de DA par an au Trésor public.

 

Le phénomène de la contrebande aux frontières fait perdre à l’Algérie 3 milliards de dollars annuellement, a révélé jeudi à Tlemcen, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Bedoui.

Dans une déclaration à la presse à l’issue de travaux de la commission de wilaya de lutte contre la contrebande, rapportée par l’Agence APS, le ministre a néanmoins souligné que les mesures prises par l’Algérie en matière de lutte contre la contrebande dans les régions frontalières commencent à donner des résultats probants.

La contrebande est un phénomène qui n’est pas récent mais prend de l’ampleur chaque année. Les contrebandiers ciblent particulièrement les produits subventionnés par l’Etat ; les denrées alimentaires et les carburants.

Vers la fin des subventions

L’ex-ministre de l’Energie, Youcef Yousfi a révélé lors de l’une de ses sorties médiatique que 1,5 milliards de litres de carburants sortent chaque année illégalement d’Algérie. Ce qui représente, selon lui, plus d’un milliard de DA.

L’ex-ministre de l’Intérieur, Daho Oul Kablia est allé jusqu’à qualifier le phénomène de la contrebande du carburant « problème sécuritaire » pour le pays, en affirmant que 25% de la production nationale de carburant « est gaspillée et exportée illégalement » aux frontières.

La subvention des carburants pointée du doigt comme principale cause du gaspillage et de la contrebande est en passe d’être revue par les pouvoirs publics. La loi finances 2016 prévoit des augmentations substantielles, allant jusqu’à 6DA le litre de l’essence. Le ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa a annoncé la semaine dernière que le gouvernement va supprimer progressivement les subventions à partir de 2016.