Haddad
Le Président du FCE (Forum des chefs d’entreprise) a déclaré dans un entretien publié dans le dernier numéro de La Tribune Afrique que les fluctuations des prix des hydrocarbures sont une opportunité pour l’Algérie lui permettant d’aller vers un changement profond.

Dans un entretien qu’il a accordé à la Tribune Afrique, Ali Haddad a affirmé que les relations économiques entre la France et l’Algérie ne sont pas au beau fixe parce que les deux pays sont dans des logiques distinctes et ont des objectifs différents.

« La coopération économique entre l’Algérie et la France peut être sujette à des malentendus. Nous ne nous comprenons pas assez, car nos modèles économiques sont à des stades différents : la France souhaite renouer avec la performance, la croissance, innover pour promouvoir ses exportations ; l’Algérie aspire, quant à elle, à diversifier son économie et à construire un appareil productif compétitif », a-t-il affirmé.

En effet, selon Ali Haddad, l’ambition actuelle de l’Algérie est de « promouvoir la production nationale et développer les exportations hors hydrocarbures », ambition en total déphasage avec la France qui aspire davantage à développer ses exportations vers l’Algérie qu’à y investir. Toutefois, le patron du FCE semble ouvert à un partenariat gagnant-gagnant avec la France.

« Nous avons mis en place avec le Medef le Conseil d’affaires algéro-français pour franchir une nouvelle étape dans le renforcement et la refondation de la coopération économique entre nos deux nations. Ce conseil d’affaires aiguillera nos entreprises avec pragmatisme vers les opportunités de partenariat grâce à un réseau efficace et intelligent », a-t-il indiqué en soulignant, au passage, que l’Accord d’Association qui lie l’Algérie à l’Union Européenne « est clairement défavorable » aux Algériens et qu’ « une concertation est en cours entre les institutions des deux parties pour arriver à une coopération équilibrée et fructueuse ».

« La conjoncture est propice au changement »

Au niveau interne, Ali Haddad a affirmé que « beaucoup reste à faire » en Algérie, notamment en matière d’amélioration de l’environnement des affaires qui demeure ankylosant et contraignant. « En dépit d’une réelle volonté de l’Etat de promouvoir l’investissement et d’améliorer le climat des affaires, beaucoup reste à faire », a-t-il dit en rappelant que « notre économie dépend des recettes pétrolières qui représentent 97% de nos exportations ». Toutefois, après avoir relevé les difficultés financières enregistrées dans le sillage de la chute brutale des prix du pétrole et des fluctuation des prix de l’or noir dans le marché international, il a assuré que cette situation représente une opportunité pour l’Algérie pour s’engager sérieusement dans une dynamique de réformes structurelles irréversibles.

« Les fluctuations des prix du baril de pétrole nous ont imposé d’accélérer le rythme des réformes structurelles pour diversifier la production nationale et faire en sorte que notre économie soit plus résiliente. La conjoncture est propice au changement. L’impact de cette politique économique rénovée ne sera visible que dans quelques années, mais nous avons d’ores et déjà réussi à lancer des industries comme l’automobile, l’agroalimentaire, l’électronique, l’industrie pharmaceutique, la sidérurgie, etc., qui représentent la base d’une plateforme industrielle », a-t-il fait savoir.