Eric Wormser, lors de son passage, hier, sur les ondes de Radio M (photo : Ahmed Sahara/Maghreb Emergent).

Société générale Algérie « se porte très bien », à en croire son patron, Eric Wormser, qui était hier l’invité de Radio M : en 2015, ses bénéfices sont restés confortables tandis que les crédits orientés vers les acteurs économiques internes ont enregistré une croissance spectaculaire.

 

 

Le président du directoire de Société Générale Algérie (SGA), M. Eric Wormser, qui était hier l’invité du direct de Radio M, la web radio de Maghreb Emergent, affiche la volonté, qu’il qualifie lui-même de « farouche », de l’institution qu’il dirige de devenir une banque algérienne à part entière. La preuve ? « Sur les 1.400 employés de l’entreprise, plus de 99,5% sont des Algériens. » Le capital aussi est, de façon croissante, d’ « origine » algérienne : « Pendant ces 15 dernières années, nous avons réinvesti l’essentiel de nos bénéfices. Nos fonds propres dépassent aujourd’hui 30 milliards de dinars pour un apport initial de 10 milliards. » Signe indubitable de bonne santé, en 2015 les bénéfices de la banque sont encore confortables même s’ils accusent un recul de 14% passant de 5,1 milliards de dinars à 4,4 milliards. « Une baisse principalement imputable à une hausse des provisions imposée par la réglementation de la Banque d’Algérie », explique indique le patron de SGA. 

 

Une très forte croissance des crédits en 2015

 

Après une pause observée dans la création des agences, dont le nombre atteint actuellement 87 sur l’ensemble du territoire national, leur progression devrait reprendre au rythme de « 3 ou 4 unités par an au cours des prochaines années ». Les prochaines ouvertures annoncées concernent plutôt des villes moyennes de l’intérieur du pays, comme El Kseur, M’Sila et peut-être Adrar.

En 2015, le principal résultat obtenu par la première banque privée du pays est un accroissement spectaculaire des crédits, annoncés en hausse de plus de 30% par Eric Wormser. Une croissance enregistrée de façon uniforme par toute les catégories de clientèles ; même si SGA reste surtout la banque des entreprises grandes et plus petites, qui concentrent près de 90%de l’ensemble des crédits. Pour conforter cette tendance, une dizaine de « centres d’affaires » spécialisés dans l’accompagnement des entreprises se sont substitués aux anciennes agences à vocation généraliste.

 

Le commerce extérieur ? « Pas plus de 12% de l’activité de SGA »

 

Pour Eric Wormser, l’efficacité des mesures adoptées, au cours des 2 dernières années, par la Banque d’Algérie pour freiner la spécialisation des banques privées dans le financement du commerce d’importation rejoint la « volonté propre et antérieure à ces mesures » de la banque qu’il dirige de « participer pleinement au financement de l’économie algérienne ». Les résultats sont en tous cas au rendez-vous. « Il y a encore quelques années, les commissions, notamment sur le commerce extérieur, représentaient près de 50% de notre produit net bancaire (PNB). En 2015, il n’y a plus que 12% de notre PNB qui est tiré des commissions. L’augmentation de nos fonds propres aurait pu nous permettre de continuer à financer le commerce extérieur mais notre business model est désormais essentiellement axé sur les entreprises et les particuliers », assure le patron de SGA.

 

Le crédit à la consommation a bien démarré

 

Plus réactive que les banques publiques, SGA s’est engagée depuis le début du printemps dernier dans le financement d’un crédit à la consommation désormais « affecté » exclusivement à la production nationale. Eric Wormser livre les premiers résultats : « La banque a enregistré près de 5.000 dossiers de demandes de simulations, dont 1.000 ont été concrétisées qui ont donné lieu à des décaissements effectifs de près de 400 millions de dinars pour la plus grande partie au cours des dernières semaines ».

De façon un peu surprenante, le crédit automobile, limité à la Renault Symbol montée en Algérie, ne représente encore que moins de 15% du montant des crédits accordés, « en raison de l’indisponibilité des véhicules », commente Eric Wormser. L’essentiel des crédits à la consommation s’est donc principalement orienté vers les produits électroménagers, en particulier des marques Condor et Brandt qui dominent désormais le marché national.

 

Le projet Peugeot bientôt bouclé

 

Pour 2016, Eric Wormser est très optimiste. Il anticipe une nouvelle croissance « à 2 chiffres » des crédits accordés par sa banque : « sans doute 20 à 25% », indique le patron de SGA. Un optimisme fondé essentiellement sur la constatation du potentiel des PME algériennes « qui restent encore très peu endettées si on les compare à leurs consœurs des pays voisins ».

Eric Wormser croit également beaucoup à la possibilité du développement du partenariat entre banques publiques et privées à l’image des opérations massives de financement syndiqué dont ont déjà bénéficié Djezzy ou encore la cimenterie géante de Biskra qui a mobilisé des crédits de près de 24 milliards de dinars. SGA est, d’ailleurs, capable, dans ce type d’opération, selon son PDG, d’apporter non seulement des fonds prêtables mais également une « expertise en matière de structuration des crédits, d’analyse des projets et de mise en place des financements ». Sur ce chapitre des grands projets industriels, Eric Wormser, « proche du dossier », abandonne ses habitudes de prudence et livre un pronostic en forme de scoop « le projet de réalisation de l’usine Peugeot pourrait être signé dans les prochains mois voire les prochaines semaines ».