La tant décriée décharge publique de Ouled Fayet, dans la banlieue de la capitale algérienne, a été définitivement fermée. L’annonce a été faite par la ministre de l’environnement et de l’aménagement du territoire, Dalila Boudjemaa, mardi sur le lieu même de cette décharge qui sera reconvertie en espaces de loisirs. Retour sur un projet qui défrayé la chronique.

 

La fermeture de la décharge publique de Ouled Fayet est, en fait,  l’aboutissement d’un long combat juridique et médiatique des riverains  qui avaient, dès le départ, protesté contre l’implantation d’un tel projet dans l’arrière-pays du Sahel algérois. Vals, oueds, collines vertes, petits bosquets de pinèdes, coteaux de muscat et gibier divers, et au loin la grande bleue, sont les caractéristiques écologiques de cette partie de l’arrière-pays Algérois. Les petits villages se nomment Ouled Fayet, Baba Hassen, Souidania, Draria, Douera, et au loin Mahelma et Hed Yacoub vers la plaine de l’opulente Mitidja.

L’annonce de ce projet à la fin des années 1990 a déclenché une véritable levée de boucliers des riverains- qui se sont constitués en association. En vain. Le projet de centre d’enfouissement technique de Ouled Fayet sur une superficie de 45 hectares, est mis en œuvre 2001 pour traiter les déchets ménagers de 39 communes. Le combat continue pour autant et les habitants de la région obtiennent une décision de justice pour la fermeture de ce CET qui dégage à longueur d’année une odeur pestilentielle de déchets en décomposition.

Guerre médiatique contre gaz polluants

La presse de son côté prolonge le combat des habitants de la région et consacre de longs reportages sur les effets dévastateurs pour la santé des enfants et pour l’environnement des émanations nauséabondes de cette décharge. Cette médiatisation a eu un effet dévastateur sur la valeur immobilière  de cette région, devenue une zone résidentielle pour cadres moyens. Le prix du mètre carré descend en flèche. Les ventes de maisons et d’appartements sont importantes, l’endroit est  »déconseillé », dévalorisé par cette décharge.

 L’annonce le 3 juillet dernier du Premier ministre Abdelmalek Sellal de la fermeture de ce CET avant la fin décembre 2013 est accueillie avec soulagement par les riverains. Mardi 31 décembre, la ministre de l’environnement annonce donc la fin du calvaire pour les riverains de la décharge de Ouled Fayet. Dans la foulée, elle annonce l’ouverture de deux nouveaux CET: à Hamici, dans la commune de Mahelma, tout près de l’Oued Mazafran, et à Corso, à l’est d’Alger. Objectif: traitement d’une moyenne de 18 millions de tonnes de déchets ménagers par an produits par une capitale, qui ne sait plus où jeter  »ses ordures », même si un moment, la solution des incinérateurs avait été évoquée. Sans lendemain.