La lenteur dans la réactivité de Seaal pour le rétablissement de l’alimentation en eau pose problème (DR)

Deux hôpitaux sont restés sans eau en début de semaine à Alger, où la gestion de l’eau potable, assurée par la SEAAL, connait une régression significative.

 

La distribution de l’eau potable à Alger a enregistré une régression significative en ce début d’été, avec deux évènements spectaculaires qui ont sérieusement alerté les autorités de la wilaya d’Alger. Coup sur coup, deux hôpitaux d’Alger ont été privés d’eau, alors que la Société des eaux et de l’Assainissement d’Alger (SEAAL) tardait à intervenir.

A Zéralda, sur la côte ouest d’Alger, l’hôpital s’est retrouvé sans eau pendant plusieurs jours. Dans un premier temps, les responsables locaux ont eu recours à des moyens de fortune, avant que des citoyens, dont des parents étaient hospitalisés, ne se proposent de ramener de l’eau par camion-citerne. La direction de l’hôpital a ensuite décidé de ne plus assurer certaines opérations routinières, comme les accouchements, en raison de conditions d’hygiène déplorables. Les femmes enceintes étaient orientées vers les autres établissements d’Alger.
Au Centre National de Médecine Sportive (CNMS), établissement spécialisé dans la chirurgie sportive et cardiaque (le médecin du président Bouteflika y travaille), c’est une rupture d’une canalisation qui a privé d’eau l’établissement dimanche dernier. Les réclamations des patients et de l’administration n’ont guère eu d’effet pour accélérer les réparations.
Perturbations récurrentes
Dans d’autres quartiers périphériques d’Alger, où la distribution a connu une sensible amélioration il y a quelques années, les coupures sont de nouveau un phénomène banal. Toute une partie d’Alger, autour de Bir Mourad Raïs, a ainsi subi de sérieuses perturbations en fin de semaine dernière, à la veille du Ramadhan. Mercredi, des perturbations étaient également signalées, alors que la distribution n’est plus assurée en H 24 dans d’autres quartiers.
A Zéralda, la panne était due à une conjonction d’une série de facteurs, avec l’arrêt simultané de plusieurs stations. Mais c’est l’absence de réponse rapide de la SEAAL, en ce début de Ramadhan, qui coïncidé avec les premières chaleurs de l’été, qui a été contestée par les usagers.
Gérée par un encadrement en provenance de Suez, aux termes d’un accord de cinq ans, signé il y a bientôt dix ans et renouvelé une première fois, SEAAL a apporté une amélioration de la distribution dans les premières années de son installation, grâce à des investissements massifs dans les équipements. Cette politique a cependant montré ses limites, les résultats obtenus étant le fruit de la mise à niveau des investissements plutôt que d’une amélioration significative de la gestion.
Fin de la gestion déléguée
Le ministre des ressources en eau, M. Hocine Necib, a d’ailleurs déclaré qu’après la mobilisation de la ressource, l’amélioration de la gestion constitue le grand défi pour son secteur dans les années à venir. Il a aussi annoncé que la formule de la gestion déléguée, adoptée pour les grandes villes, Alger, Oran, Constantine et Annaba notamment, sera progressivement abandonnée. Il a affirmé sa préférence à une coopération technique, grâce à l’apport de spécialistes, tout en maintenant la gestion à l’Algérienne des Eaux.
Cette révision a été décidée après que les contrats selon la formule de la gestion déléguée aient montré leurs limites. A Annaba, grande métropole de la côte est, le contrat avec une firme allemande a été purement et simplement résilié, les résultats ayant été jugés trop faibles. A Constantine, le contrat avec la Société des Eaux de Marseille fait l’objet de controverses, en raison de résultats mitigés. Le contrat avait été prorogé pour une période de trois mois, en avril dernier. Cette période transitoire prend fin vendredi prochain, 4 juillet.