Conforntés à de grosses pertes, les différents acteurs de la filière lait tunisienne, jadis prospère, souffrent depuis de nombreux mois.

 

L’augmentations des coûts d’élevage et de production n’a pas été suivie de celle du lait et produits dérivés. Parade du gouvernement tunisien, inonder le marché de lait en poudre d’importation afin de stabiliser le marché. Cette proposition a finalement mis en colère les représentants des éleveurs, représentés par l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP), qui se sont dit désaccord total avec le ministère du Commerce concernant l’importation du lait. Au contraire, L’UTAP appelle à accélérer l’augmentation du prix du lait à la production et à travailler à limiter la montée des prix des fourrages afin de soutenir les agriculteurs et préserver le système laitier.

A l’issue de sa réunion, tenue le 1er juin, le bureau exécutif de l’organisation a publié un communiqué dans lequel il estime nécessaire « d’optimiser les préparatifs pour la saison de récolte des céréales compte tenu du manque prévu pour l’actuelle récolte à cause des difficultés auxquelles ont fait face les producteurs, dont l’insuffisance des semences sélectionnées, la cherté des équipements, des intrants, des hydrocarbures, le manque de la main-d’œuvre et aussi les conditions climatiques défavorables. »

L’UTAP rappelle que les pertes ayant frappées le éleveurs sont aussi dû aux inondations qu’ont subis plusieurs régions du Nord du pays et appelle les autorités à appliquer la loi relative aux catastrophes naturelles en publiant les décrets d’application nécessaires.

Le cœur du problème pour l’UTAP reste la question des prix :“la problématique qui accable la filière lait provient essentiellement du gel des prix à la consommation, sans tenir compte de l’augmentation des coûts, notamment pour ce qui est du prix des vaches laitières, de l’alimentation du bétail, des soins vétérinaires, des carburants et des salaires. A cela s’ajoute l’impact du dérapage du dinar face aux devises étrangères pour ce qui est des intrants nécessaires à l’alimentation, des médicaments vétérinaires et des emballages, importés” révèlent les représentants du secteur.

En Tunisie, ce sont 112 000 personnes qui forment la filière lait, en majorité de petits éleveurs. La transformation du lait et de ses dérivés représente 7% de la valeur des industries agroalimentaires. Cette industrie est forte de 45 unités dont 11 spécialisées dans le lait avec une capacité de 4.2 millions de litres/jour, 8 dans le yaourt, 2 dans le séchage et 25 dans les fromages. La production totale s’élève à 1,400 milliards de litres de lait par an dont 450 millions sont consommés par la population, le reste étant traité par l’industrie agroalimentaire. La consommation annuelle par tête d’habitant est passée en Tunisie de 83 litres par personne en 1994 à 110 litres par personnes en 2017 et reste insuffisante par rapport à la moyenne européenne qui est  250 litres par tête d’habitant.