La course à l’armement entre l’Algérie et la France gagne l’espionnage via satellites (DR)

Selon le quotidien économique français la Tribune daté du 3 février les consortium français Astrium (devenu Airbus Space Systems) et Thales Alenia Space (TAS) ont signé un contrat portant sur la vente de deux satellites d’observation au Maroc. Un contrat confidentiel qu’aucun des acteurs concernés (industriels et étatiques) n’ont voulu confirmer au journal français.

« Le Maroc est la grosse surprise dans le classement des très bons clients des industriels de l’armement tricolores en 2013, » estime le journal qui indique que le Royaume chérifien se classe au troisième rang des prises de commandes gagnées par la France l’an dernier derrière l’Arabie Saoudite (1,8 milliard d’euros) et Singapour. Toujours selon la Tribune, parmi les autres contrats militaire signés en 2013 avec le Maroc, la firme MBDA a obtenu une série de commandes pour armer les frégates multi-missions française Fremm et néerlandaise Sigma, en missiles Exocet MM40 block 3 (antinavire), VL Mica (sol-air) et Aster 15 (anti-aérien).
La semaine dernière, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian a présidé, en présence du frère du Roi du Maroc, le Prince Moulay Rachid, la cérémonie de remise de drapeau de la frégate multi-missions FREMM Mohammed VI au Royaume du Maroc.
L’Algérie veut lancer 10 satellites d’ici 2017
Si l’information est confirmée, le Royaume a donc rejoint l’Algérie dans une nouvelle course à caractère militaire : la surveillance satellitaire. Partie bien plutôt que son voisin de l’ouest, l’Algérie a décidé, dès 2002, de se doter d’un programme spatial et d’une agence spatiale dénommée ASAL (Agence spatiale algérienne) avec pour objectif de lancer 10 satellites dans l’espace d’ici 2017. Le premier satellite algérien ALSAT 1 fut lancé le 28 novembre 2002 par un lanceur COSMOS 3M du Cosmodrome russe de Plesetsk. Le second satellite algérien ALSAT 2 A, conçu à Oran, a été lancé le 12 juillet 2010 depuis le site de Sriharikota à Chennaï (Sud -Est de l’Inde). Un autre satellite, l’ALSAT 2Ab, conçu également à Oran, serait prêt à être lancé durant l’année 2014.
Le satellite AlSat-2A a une optique qui permet de réaliser une imagerie d’une résolution moyenne (par rapport aux satellites américains) de 10 mètres. Pour modeste qu’elle soit, la capacité de renseignements stratégique algérienne se développe donc de façon graduelle. Basé jusqu’à présent sur les Mig-25 Foxbat D des forces aériennes, le renseignement aérien algérien s’éloigne un peu plus dans les cieux. Le Maroc semble aujourd’hui lui emboîter le pas. La course à l’armement continue de plus belle entre les deux pays.