Lundi soir, les places boursières de Francfort et Madrid prenaient environ 4% tandis que Londres gagnait 1,72%.

A l’issue du sommet européen du 22 juin, Athènes et ses créanciers (Fonds monétaire international, Union européenne, Banque centrale européenne) n’ont toujours pas conclu d’accord malgré les nouveaux efforts concédés par Tsipras. Des signaux convergent dans le sens de sa conclusion prochaine. La suite des négociations aura lieu le 25 juin prochain. Le changement de ton et les nouvelles propositions grecques laissent se profiler un accord, qui réjouit les marchés, aux dépens de la légitimité démocratique.

 

Le Sommet européen a rassemblé les chefs d’Etat et de Gouvernement des membres de la zone euro le lundi 22 juin 2015 à Bruxelles. Il faisait suite à l’échec des discussions lors de la réunion de l’Eurogroupe jeudi dernier. Les Etats-Unis, que le rapprochement entre la Russie et la Grèce rebute, espéraient également un accord rapide. Un accord prochain n’est pas exclu voire envisagé. Le ton n’est plus le même. L’éventualité d’une sortie de la Grèce de la zone euro est à peine susurrée. En conséquence, lundi soir, les places boursières de Francfort et Madrid prenaient environ 4% tandis que Londres gagnait 1,72%. Athènes, gagnait 9%. Wall Street enregistrait également une hausse de 0,52%. La Nasdaq culminait à 5.153,97 points, battant ses records grâce à une hausse de + 0,72%. Les places boursières asiatiques ont été à leur tour touchées par l’euphorie à l’ouverture, le 23 juin 2015. Shanghai, qui avait brutalement chuté la semaine dernière, qui a même fermé lundi, a enregistré une hausse de 0,38% mardi matin. Le Cac 40 grimpe à son plus haut niveau depuis trois semaines, atteignant  5 069,65 à 15h. Technip était le seul titre à accuser une baisse hier en raison de l’annonce de la résiliation d’un contrat de 908 millions de dollars passés par la Sonatrach. Il gagnait 1,6% mardi 23 juin.

De nouvelles concessions grecques

Le bank run, à savoir le retrait massif de quelques 5 milliards d’euro des banques grecques a servi de sonnette d’alarme. Et la stratégie de la Banque centrale européenne consistant à ne relever le plafond des ELA (emergency liquidity assistance), qui instille des liquidités oxygénantes, de façon timorée et au jour le jour, a servi de moyen de pression.  Dans ce contexte, pourtant taxés d’intransigeance, les Grecs ont fait de nouvelles propositions, présentées en amont du sommet. « On ne peut pas jouer les prolongations », a déclaré Jean-Claude Juncker, le Président de la Commission européenne à l’issue du sommet. Paradoxalement, les créanciers retardent le moment de la conclusion de l’accord. Athènes doit honorer ses échéances envers le FMI avant le 30 juin. L’étau se resserrant, les créanciers de la Grèce espèrent que le gouvernement rogne davantage ses exigences et reculer les « lignes rouges ». Martin Selmayr, le chef de cabinet du président de la Commission qualifiait les nouvelles mesures proposées par Athènes de « bonne base pour faire des progrès au sommet de la zone euro ». Un accord aurait alors pu être conclu dès lundi soir. Mais les propositions présentées par Tsipras ont été jugées tardives. Il s’agit de l’une des raisons avancées pour justifier l’absence d’accord à l’issue du sommet européen. Une nouvelle réunion de l’Eurogroupe se tiendra mercredi 24 juin, le 9ème depuis cinq mois d’âpres négociations. Cependant, un accord ne pourrait être conclu qu’avec l’assentiment du Conseil européen. Donald Tusk, le président du Conseil européen a indiqué qu’il se réunirait les 25 et 26 juin. Entre temps, Alexis Tsipras a annoncé qu’il consulterait le Parlement grec. Gabriel Sakellardis, porte-parole du gouvernement, a déclaré que « si l’accord n’a pas l’approbation des députés de la majorité gouvernementale, le gouvernement ne peut pas rester ».

Intransigeance des Grecs

Le Gouvernement grec a refusé de transiger sur les retraites complémentaires destinées aux plus démunies.  Des coupes sont prévues pour les retraites des plus aisés. Afin d’assurer le maintien des pensions, on demandera aux salariés de faire des efforts et de consentir à une hausse des cotisations. Le gouvernement grec a accepté d’augmenter l’impôt sur le revenu à partir de 30 000 euros de revenus annuels, mesure qui touchera les classes moyennes. La TVA sur l’alimentation sera également relevée de 10 points mais le gouvernement grec refuse de céder pour la TVA sur l’électricité. En contrepartie, il a avancé l’idée d’autres taxes (une taxe de « solidarité exceptionnelle, la création d’une taxe pour les entreprises dont le chiffres d’affaires excède 500 000 euros par an). Du côté des créanciers, les concessions ne se bousculent pas. Les Etats membres peinent à trouver des points de consensus entre eux. Pour éviter ce qui s’apparente à un « coup d’état financier », Tsipras ne devra pas concéder plus de terrain, et obtenir une avancée sur la restructuration de la dette grecque, un thème sur lequel la campagne de Syriza a été centrée.