Mouloud Hedir: le dialogue sur l’investissement avec les Européens aurait dû être plus  »musclé »

La réévaluation de l’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne (UE) n’a pas été à la hauteur des attentes de la partie algérienne, a estimé lundi, sur Radio M, Mouloud Hedir, économiste et spécialiste du commerce international.

 

 

D’après lui, le conseil des ministres, tenu le 6 octobre 2015, qui a abordé la question de la renégociation des accords d’association avec l’UE attendait certainement plus que le résultat obtenu.

 « A ma connaissance, le dialogue engagé avec la partie européenne pour réévaluer l’accord d’association a touché à sa fin sans qu’aucun résultat consistant ne soit obtenu par l’Algérie. Je regarde les choses telles qu’elles sont, il n’y a strictement rien eu sur le plan économique. Nous n’avons absolument rien vu alors que la réévaluation de l’accord est terminée », a déploré l’économiste. Il a relevé en outre que « la partie européenne reproche même à l’Algérie de ne pas appliquer comme il se doit l’accord d’association ».

 

Anormal de signer l’accord d’association et imposer la règle du 51/49

Mouloud Hedir estime que l’Algérie a sa part de responsabilité dans le déséquilibre constaté en matière d’application de l’accord d’association. « Il n’est pas normal que l’on signe un accord d’association et que l’on prenne des mesures restrictives sur les investissements dans le pays », dira-t-il évoquant l’exemple de la règle 51/49.

Selon lui, l’Algérie aurait dû mieux négocier avec la partie européenne et le dialogue sur l’investissement avec les Européens aurait dû être plus « musclé ».  Les Algériens auraient dû mettre sur la table des négociations le lancement de grands projets avec l’UE. Des projets relatifs à des secteurs stratégiques tels que les télécommunications ou les énergies renouvelables.

 « Ce genre de grands projets auraient pu compenser le déséquilibre constaté au niveau de l’accord d’association » a assuré l’économiste. A ces yeux, l’accord d’association permet à l’Algérie d’être plus exigeante avec les Européens qu’avec ses autres partenaires.