Les Algériens restent de grands utilisateurs d’énergie avec une consommation trois fois supérieure à la moyenne mondiale.

La chute des prix du pétrole combinée à la forte consommation de l’énergie en interne ont poussé les pouvoirs publics à penser sérieusement à mettre fin aux subventions des produits énergétiques.

Selon la Banque mondiale, les subventions à l’énergie en Algérie absorbent 30% du budget de l’Etat et 11% de son PIB. Elles s’élèvent à environ 10 à 20 milliards de dollars.

Ceci a poussé le gouvernement à réfléchir à la question épineuse des subventions. Ce qui a été clairement exprimé à travers les déclarations de nombreux ministres et responsables, reflétant l’impasse dont la politique des subventions se retrouve actuellement.

En juillet 2018, le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, avait annoncé une ‘’possible’’ suppression de la subvention de l’énergie à partir de 2019. Mais pour ne pas ‘’froisser’’ le caractère social de son gouvernement, il explique que « rien ne sera fait » tant que l’identification des ménages les plus démunis ne sera pas effectuée par son département, pour faire profiter uniquement cette catégorie du système des subventions.

Finalement, la loi des finances 2019, n’a enregistré aucune augmentation des prix de l’énergie et n’a pas touché au système des subventions. Les analystes parlent d’une loi de finances qui couvre une année des élections présidentielles ce qui fait que le gouvernement ne veuille pas ‘’heurter la sensibilité’’ des citoyens.

Réviser le système des subventions en ciblant les nécessiteux

Mais la volonté de l’attribution des subventions à l’énergie aux nécessiteux, reste intacte. Le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni n’a pas manqué de le rappeler à chaque occasion. Dernièrement, en réaction au véritable SOS émis par le patron de Sonelgaz à cause de la suffocation financière de son entreprise, Guitouni a affirmé que « l’augmentation des prix de l’électricité n’est pas à l’ordre du jour du gouvernement ».

Mais il n’a pas manqué de préciser que  cette augmentation « est envisageable à l’avenir dans le cadre de la révision du système des subventions ». Il a annoncé à ce sujet qu’une étude est en cours pour identifier les ménages qui méritent d’avoir cette subvention et ceux qui doivent payer l’électricité à son juste prix.

Une mission qui ne semble pas facile à mener, dans une société qui a abusé depuis des années d’une énergie bon marché, en négligeant complètement les principes d’une économie d’énergie. D’autant plus qu’il est difficile de distinguer le gros consommateur d’énergie du petit. Car un grand consommateur d’énergie n’est pas forcément le plus aisé financièrement. Beaucoup d’éléments doivent être pris en compte dans cette classification du fait de la complexité économique et sociale du tissu social algérien.

Les ménages occupent la 1ère place dans la consommation d’énergie

Les Algériens restent de grands consommateurs d’énergie avec une consommation trois fois supérieure à la moyenne mondiale.

Les statistiques indiquent qu’en Algérie, les gros consommateurs d’énergie sont les ménages et le secteur du transport. Les ménagers occupent la 1ère position avec 44% du bilan énergétique national. Suivis des transports avec 36% de la consommation finale d’énergie, et enfin le secteur de l’industrie avec moins de 20%.