Image:Aboubaker Khaled pour Maghreb Émergent

Rédaction maghreb Emergent

« Personne n’a la prétention de représenter le mouvement populaire du 22 février. Traduire sa volonté en solution politique, c’est le moment d’y penser ». Un animateur de l’initiative.

Le collectif de la société civile pour la transition pacifique et démocratique a publié ce vendredi, 14 juin, une déclaration dans laquelle il confirme qu’il co-organise ce samedi 15 juin, la 1ère rencontre de la société civile afin de donner une issue politique aux revendications populaires.  

Les deux autres dynamiques impliquées dans l’organisation de cet événement sont  la confédération des syndicats autonomes (CSA) et le forum civil. Les trois dynamiques ce sont rencontrées durant quatre samedis afin de parvenir à un accord sur une plate-forme de feuille de route politique commune, présentée comme une initiative contribution à la sortie de crise en cours.

La négociation sur le contenu de cette plate-forme a été rude jusqu’au milieu de la semaine dernière avant que n’intervienne in-extremis un accord final ouvrant la porte à l’organisation de cette première rencontre nationale. Plus de 70 syndicats, associations nationales agréés et non agréés, collectifs et coordinations issues du mouvement populaire du 22 février sont attendus au siège du CNAPEST, au CEM Matiben à Bir Mourad Rais, dès 9 heures du matin, ce samedi.  

Le collectif de la société civile pour la transition pacifique et démocratique, une des composantes de la société civile les plus proches du hirak, a eu quelques difficultés à faire adopter le projet de plate-forme à l’ensemble de ses composantes, notamment aux organisations féministes réclamant plus de garanties sur l’égalité des droits. La conférence de ce samedi devrait sortir avec des recommandations sur l’élargissement du mouvement de la société civile, et  sur les préalables politiques au dialogue qui devrait conduire à la mise en œuvre d’une période de transition pour le transfert pacifique du pouvoir vers le peuple.  Illustration des nombreux préalables attendus, le rétablissement du droit de réunion publique. L’administration n’avait toujours pas donné de suite, le jeudi à 19 h, à la demande déposée afin de tenir cet important événement dans une salle publique.

Déclaration

Le 15 juin 2019 ; donnons une issue aux revendications politiques du peuple Algérien.

1 Le collectif de la société civile pour la transition démocratique co-organise ce samedi 15 juin la 1ere rencontre nationale de la société civile pour proposer une initiative de transition politique. Né le 27 février 2019, le collectif a défini les principes qui fondent ses actions pour faire triompher la volonté du mouvement populaire pour une rupture avec le système en place et l’avènement d’une république des droits et des libertés : sacralité des libertés et du droit, égalité des citoyens-nes devant la loi, alternance démocratique au pouvoir, respect des minorités et de la diversité. Ces principes ne peuvent connaître un début de concrétisation sans le succès de la révolution démocratique et pacifique du 22 février.

Après près de 4 mois de gigantesques mobilisations populaires, ce succès est à portée de main. Il lui faut une issue politique. Le collectif de la société civile a fait le choix, le 27 avril dernier, de construire avec d’autres dynamiques et acteurs de la société civile, un pôle fort pour porter et défendre une feuille de route politique consensuelle de la transition. Il a œuvré de toutes ses forces pour réaliser cet objectif

2- La 1er rencontre nationale de la société civile qui se tient ce samedi 15 juin 2019 est un premier couronnement sur le chemin de la construction d’une société civile active, engagée auprès du mouvement populaire et porteuse de propositions pour l’aboutissement de ses revendications pour le changement radical.

Le collectif a participé avec les autres dynamiques à le rendre possible. Il se félicite de l’esprit de tolérance et de la démarche unitaire qui ont fini par prévaloir au terme des 4 longues réunions préparatoires à cet événement à la portée considérable. Nous avons amorcé, au sein des acteurs de la société civile, le dialogue stratégique auquel nous appelons tous les autres acteurs, pour rendre l’Algérie meilleure, gouvernée par les représentants du peuple selon les institutions et les règles qui lui garantissent la souveraineté de ses choix. La feuille de route que nous soutenons dans le cadre de cette rencontre nationale de la société civile consacre les grands axes que nous considérons comme la base d’un transfert pacifique du pouvoir politique vers le peuple, et qui sera présentée lors de cette rencontre. La société civile continuera à converger et à intégrer dans son initiative du 15 juin toutes les forces qui en accepteront la démarche. L’intégration du mouvement étudiant organisé dans des collectifs et des coordinations, est une des priorités pour le renforcement de l’initiative de la société civile.

3 – Le collectif de la société civile pour le changement en réunion ce jeudi 13 juin 2019 est déterminé à poursuivre sa mobilisation au sein du mouvement populaire afin d’en faire triompher les revendications. Il restera loyal à ses engagements avec ses partenaires du CSA et du forum civil dans la construction de l’initiative du 15 juin afin de faire jouer à la société civile, dans sa diversité, le rôle prégnant qui doit lui revenir pour donner une issue constructive à la révolution du 22 février. Nous sommes pour le dialogue afin d’engager la transition avec les meilleures chances de réussite, mais aucun dialogue sérieux ne peut être envisagé sans l’expression d’une volonté d’apaisement. Notre mobilisation se poursuivra donc pour desserrer l’étau sur la Révolution, libérer les prisonniers d’opinion, militants du hirak et lanceurs d’alerte, lever le siège d’Alger les vendredis, cesser les interpellations, libérer les espaces publics pour les manifestants pacifiques, rétablir le droit de réunion et l’utilisation des salles publiques pour l’organisation des activités des citoyens, restituer aux Algériens le service public de l’information et cesser les menaces et intimidations contre l’information indépendante.

Les signataires :

1. LADDH (Ligue Algérienne de la Défense des droits de l’Homme, Nourredine Benissad) 2. LADDH (Ligue Algérienne des Droits de l’Homme,Saïd Salhi ) 3.LADH (Ligue Algérienne des Droits de l’Homme, Bensaïd Mokhtar) 4. RAJ (Rassemblement-Actions-Jeunesse) 5. SOS disparus 6. CGata confédération autonome des travailleurs en Algérie 7. RADDH (Réseau des Avocats pour la Défense des Droits Humains) 8. CRAC (Collectif pour le Renouveau Algérien du Cinéma) 9. Mouvement IBTIKAR 10. Mouwatana 11.SNPGSP (Syndicat National des praticiens généraliste de la santé publique) 12.SNPEPM (syndicat national des professeurs de l’enseignement para-médical), 13. CNDDC (Comité National pour la Défense des Droits des Chômeurs) 14. ACDA (Association pour le Changement Démocratique en Algérie) 15. CSVM-22 février (Comité Soutien Vigilance du Mouvement 22 février) 16. A2T2 17. Observatoire Citoyen Algérien 18.Collectif des jeunes engagées 19.SNPSSP 20. DZAIR 2.0 21. Coordination nationale des familles de disparus 22. NABNI 23. Association Nationale pour la Protection et la Promotion du Patrimoine Aures Elkahina 24. Collectif des Harragas Disparus en Mer 25. Collectif Mahabba 26. ANPHU (Association Nationale des Praticiens Hôpital Universitaire) 27. Collectif Rassemblement Pacifique Algérie 28. Collectif du débat citoyen 29. Riposte International 30. SOS BABELOUED 31.SNAPAP 32. SES Syndicat de l’enseignement supérieur 33.association TIMLILIT 34. Le collectif des familles de Disparus 35. Collectif de la citoyenneté active.