L’Algérie reste très dépendante des hydrocarbures pour financer son développement.

La revue spécialisée dans le secteur de l’énergie « Petrostrategies » a sévèrement critiqué, dans son dernier numéro, le rachat par Sonatrach de la raffinerie d’Augusta en Italie.

Selon la revue, le montant déboursé pour l’acquisition de la raffinerie, qui appartenait à la filiale italienne d’ExxonMobil « paraît très surpayé».

« Le montant déboursé pour l’acquisition de cette raffinerie «vieille de sept décennies» est proche de «725 millions de dollars, semble-t-il, ce qui paraît très surpayé», a jugé la revue. «A cela s’ajoutent des engagements à honorer des dépenses immédiates de mise en conformité avec les normes environnementales, ainsi qu’une question de prise en compte de stocks de produits qui n’appartenaient déjà plus à la raffinerie », souligne la revue.

Dans ce même sens, Petrostrategies a qualifié ce rachat par une «gestion hasardeuse». « S’il est un dossier emblématique de la gestion hasardeuse – pour ne pas dire plus – que le secteur des hydrocarbures a subi ces dernières années en Algérie, c’est bien celui de l’achat de la raffinerie d’ExxonMobil à Augusta, en Italie, par Sonatrach », écrit la revue.

«Les Italiens s’étaient étonnés de la précipitation de Sonatrach à acquérir une usine pour laquelle ExxonMobil avait en vain cherché un acheteur depuis 2015 », souligne la revue qui a évoqué, la vétusté des installations, le caractère déficitaire de l’usine et les sommes importantes qui devaient être engagées pour la rendre conforme aux normes environnementales.

La revue s’est interrogée aussi sur la raison qui a poussé la direction de Sonatrach et son actionnaire, l’Etat, à s’engager dans un investissement «perdant», alors qu’«ils auraient pu pallier le déficit en important des produits et/ou en façonnant du brut à l’étranger».

Rappelons que lors de l’acquisition de la raffinerie en fin 2018, de nombreuses voix aussi bien du côté algérien que celui italien, se sont élevées pour dénoncer une arnaque.

ExxonMobil avait trouvé d’énormes difficultés à vendre cette raffinerie à cause de la vétusté des installations. Le groupe subissait une perte en consentant des sommes importantes pour la mettre en conformité avec les normes environnementales.