Trois ans après la révolution de 2011 qui a chassé le président Benali du pouvoir, la Tunisie s’apprête à adopter sa nouvelle constitution.

 

L’Assemblée nationale Constituante (ANC) va devoir voter dès aujourd’hui  les amendements  et demain le projet final de Constitution. Noomen Fehri, député d’Afek Tounes, a annoncé ce jeudi  que la Constitution sera adoptée avant le 12 janvier courant bien que le projet présenté le 1er juin dernier n’avait pas acquis le consensus requis.

Selon lui, la commission des consensus avait nettement amélioré le projet de la constitution qui avait été rejeté par l’opposition. « Les compromis trouvés n’ont pas été intégrés au projet et des articles peuvent en soi encore être ajoutés (…) on n’est donc pas à l’abri d’une surprise de dernière minute sur l’aspect religieux par exemple », tempère Nadia Chaabane, députée du parti Massar (opposition). « Je reste méfiante », dit-elle à l’AFP. Ennahda n’a eu de cesse de rappeler avoir renoncé dès le printemps 2012 à l’intégration de la charia dans la loi fondamentale.

Les députés de l’ANC veulent une constitution qui consacre la démocratie loin de l’influence de la charia. Un consensus se dégage autour de la question de l’étendue des pouvoirs du chef de l’Etat dans un pays qui a connu cinq décennies de dictatures. Les islamistes voulaient les restreindre au maximum, tandis que l’essentiel de la classe politique voulait des prérogatives partagés avec le chef du gouvernement. Finalement, le chef de l’Etat aura la charge « de déterminer les politiques générales dans les domaines de la défense, des relations extérieures et de la sécurité nationale », selon l’agence TAP.

L’année 2014 est « axiale et déterminante » pour l’avenir de la Tunisie post-Ben Ali. « L’année de la Constitution,  ce précieux document qui déterminera l’identité de la Tunisie», selon le président Moncef Merzouki . Pour lui, l’année 2014 sera le « couronnement de la révolution et du processus démocratique », «  l’année des élections présidentielles et législatives qui auront lieu, de préférence, avant l’été prochain, suivies de celles municipales après l’été ».