« Le secteur de l’énergie connaît de profonds bouleversements, au moment où l’Algérie reste à l’écart de ces grandes mutations, croyant qu’elle peut vivre encore mille ans avec le pétrole et le gaz». C’est le constat fait par le Professeur Chems-Eddine Chitour, spécialiste des questions énergétiques, à la veille de la journée sur l’énergie prévue le 7 décembre.

Croire que l’on peut répondre aux défis actuels en bricolant des lois afin d’attirer des investisseurs est une hérésie, poursuit le Professeur Chitour qui intervenait sur Radio M. Il dénonce un aveuglement mu par le souci de maximaliser la rente. Cette attitude est en porte-à-faux avec le développement durable, assène-t-il. Il recommande l’urgence de s’arrimer au train des nouvelles énergies surtout qu’une révolution est en marche.

Le professeur regrette que l’Algérie ait tourné le dos à l’énergie hydroélectrique et appelle à mettre le cap, sans plus tarder, sur les énergies renouvelables notamment le solaire.

« Le Sahara est une pile électrique ! », Insiste-t-il, en expliquant qu’à coût égal, l’énergie solaire est bien plus rentable à l’Algérie que l’énergie thermique. En termes de coût, le kilowattheure solaire est plus compétitif que le kilowattheure thermique, poursuit-il. Il évoque la proposition algérienne à ses partenaires américains. Celle-ci porte sur des offres de coopération avec l’Algérie de 6000 mégawatts d’électricité thermique et de 5000 mégawatts de solaire.

Au rythme de la consommation actuelle, l’Algérie consommera une bonne partie de son gaz naturel à l’horizon 2030. « Avec 2000 milliards de m3 de réserves de gaz en 2035, la problématique est bien réelle, fait-il savoir.