L’association nationale algérienne des produits du terroir (ANPT) est née jeudi 25 octobre au siège de la Chambre nationale de l’agriculture (Safex). Défendre et relancer des produits de terroir est son objectif.

Une quarantaine de personnes représentants plusieurs wilayas ont assisté l’assemblée constitutive de l’association qui s’est déroulée en présence du secrétaire général de la Chambre nationale de l’agriculture, Abdelmalek Akkouche qui a salué l’initiative et promis d’apporter son aide.

Lancée à l’initiative de producteurs de produits du terroir, l’association vient combler un vide en Algérie alors que des organisations similaires existent dans de nombreux pays dont les voisins immédiats de l’Algérie.

Les participants se disent convaincus du potentiel de la relance des produits du terroir avec un label algérien authentique comme en témoigne l’attrait des consommateurs pour ces produits. La fête annuelle de la figue de Béni Maouche où l’affluence s’accroit d’une année à l’autre en est l’illustration.

Soutenir la femme rurale

L’association entend donner une dynamique nouvelle à cette activité en rassemblant les acteurs de l’agriculture biologique et à valoriser leurs efforts. Il s’agit également – et peut-être surtout- d’encourager les jeunes à aller vers cette activité et leur apporter une assistance. L’autre dimension ciblée par l’association est la femme rurale. C’est elle, « la véritable gardienne du patrimoine national que ce soit en matière de culture orale ou dans le domaine culinaire », souligne un participant.

Il y avait de la «qualité » parmi les fondateurs de l’association : des personnes spécialisées et intéressées par l’agriculture biologique, ingénieurs agronomes, vétérinaires, partisans de la médecine douce, acteurs de l’industrie agro-alimentaire, apiculteurs, producteurs des fromages…Tous convaincus qu’il est temps de fonder une organisation nationale pour rassembler des efforts épars, d’échanger les expériences et de lancer des partenariats.

Des espèces locales menacées

Des éleveurs d’ovins et de chameaux sont également parties prenantes et ont souligné des risques de disparitions d’espèces locales de grandes qualités. Abdelkader Taoussat un éleveur de chameaux à Ghardaïa, dont la ferme comprend les huit espèces existantes en Algérie – il n’y a que quatre espèces dans la région du Golfe – a appelé les investisseurs dans le domaine des industries de transformations à s’intéresser aux possibilités offertes : laits, graisses, peaux. Même l’urine des chameaux aurait des « propriétés thérapeutiques» a-t-il assuré en évoquant des études menées de par le monde.

Les participants à l’assemblée constitutive ont assuré que la priorité était la protection de la couverture végétale et de la biodiversité et rendre disponible une nourriture de qualité aux Algériens. Il s’agit aussi d’amener les consommateurs à prendre conscience de la qualité des aliments et notamment du pain.

L’un des intervenants, Ahmed Malha, a insisté sur le fait que l’accroissement des cas de cancer – près de 43000 par an- est largement lié au régime alimentaire. Il faut aller, a-t-il dit sur le terrain « recenser ce qui existe et encourager et soutenir les femmes dans les zones rurales. ».

Selon lui, il y a de nombreux agriculteurs qui « sont conscients du danger de l’importation intensive des semences avec pour conséquence la disparition de variétés locales. Il a cité à cet effet un agriculteur à Souk-Ahras qui conserve dans son petit verger 11 variétés de cerisiers.

Après l’adoption des statuts, Sid Ali Lahlou, patron de la «Maison Lahlou » et déjà ancien « activiste » des produits du terroir – il organise chaque année une manifestation pour les produits du terroir à l’occasion du Yennayer – a été élu président de l’association. Le lancement de l’association est le couronnement des efforts consentis depuis des années, avec d’autres acteurs, à la défense et la relance d’un patrimoine culinaire en danger de disparition.

A signaler par ailleurs qu’un Salon national des produits du terroir sera organisé le 30 novembre prochain au niveau de la SAFEX (Alger)