Les cours du pétrole ont vivement bondi vendredi après la mort à Bagdad du général iranien Qassem Soleimani, tué dans un raid américain qui fait craindre aux marchés une escalade dans la région et une perturbation de l’offre d’or noir dans le monde.

Le baril de Brent coté à Londres a finalement clôturé en hausse de 3,5%, à 68,60 dollars.

Ce raid de l’armée américaine a suscité les appels à la « vengeance » de l’Iran et a attisé les craintes d’un conflit ouvert entre Washington et Téhéran.

Des analystes ont expliqué que les investisseurs craignent que l’Iran ne réplique en visant des installations pétrolières ou des infrastructures de transport dans la région. Selon eux, il y ‘aurait une crainte d’une possibilité d’un conflit plus large qui toucherait l’Irak, l’Arabie saoudite et d’autres pays.

« Le plus gros risque est de voir Téhéran s’attaquer aux flux de navires dans le détroit d’Ormuz », par où circule un tiers du brut transitant par voie maritime dans le monde », estiment les analystes.

2019, une année mouvementée pour le pétrole

Les prix de l’or noir ont marqué l’année calendaire par une nette hausse, et ce malgré une demande apathique et une production américaine record.

La hausse s’explique en partie par un effet de calendrier, après un effondrement des cours en toute fin d’année 2018.

Les deux types de barils restent en revanche environ 20% en dessous du cours atteint il y a treize mois, lorsqu’ils s’échangeaient au plus haut niveau depuis 2014.

Selon les analystes l’année 2019 aura été marquée par les tensions géopolitiques, les rebondissements concernant le commerce entre les États-Unis et la Chine, la hausse de la production de schiste américain et les inquiétudes sur un ralentissement de la croissance mondiale.

La demande de pétrole a été, cette année, la plus faible en presque une décennie, ont constaté les experts.

Le fait majeur de 2019, est l’attaque sur des installations pétrolières saoudiennes à la mi-septembre, qui a réduit de moitié la production du pays, faisant bondir les cours de presque 15% en une seule journée. Un mouvement qui n’avait pas été observé depuis décembre 2008.

Les prix sont ensuite rapidement retombés face au retour des inquiétudes sur un surplus d’or noir et tandis que la production saoudienne revenait à la normale.

Mais le 6 décembre dernier, les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs partenaires, dont la Russie, ont annoncé à Vienne s’être entendus pour réduire leur production d’au moins 500.000 barils par jour, portant l’effort total de limitation de l’offre à 1,7 million de barils par jour pour l’ensemble du groupe de 24 pays.

Une semaine plus tard, les États-Unis et la Chine ont annoncé un accord préliminaire, marquant une trêve après 19 mois de guerre commerciale. Celui-ci doit cependant encore être officiellement formalisé.

Malgré ces deux événements positifs pour le pétrole, l’incertitude reste de mise, surtout dans un contexte de production américaine en forte hausse. Lors de la semaine achevée le 20 décembre, les États-Unis ont pompé en moyenne 12,9 millions de barils chaque jour, un record.