Jacques Kokoba à l’aéroport de Casablanca (photo publiée sur observers.france24.com).

C’est un peu la fiction qui devient réalité pour Jacques Kokoba, un réfugié ivoirien retenu à l’aéroport de Casablanca, au Maroc, depuis le mois de février dernier. Avec son parfum de déjà-vu dans un film américain, la mésaventure de ce réfugié se déroule au moment où le royaume s’apprête à régulariser des milliers de  »sans-papiers » subsahariens. 

 

C’est le site d’information marocain H24info.ma, qui a révélé la bien étrange histoire de Jacques Kokoba, un réfugié ivoirien qui vit au Maroc et qui a été bloqué en février dernier à l’aéroport de Casablanca alors qu’il rentrait de Mauritanie.

Ayant fui son pays au plus fort de la guerre civile en 2012 et ayant été recensé par le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) de Rabat la même année, Jacques Kokoba n’avait pas de travail fixe. Le 11 février dernier, de retour de Mauritanie, il a été interdit d’entrée sur le territoire marocain à son arrivée à l’aéroport de Casablanca par la police des frontières. Motif: il ne possède pas d’adresse précise au Maroc et n’a pas assez de ressources financières pour y vivre. Bloqué à l’aéroport, menacé d’expulsion vers son pays, il a engagé une procédure judiciaire auprès du tribunal administratif de Rabat et a eu gain de cause.  »Je suis demandeur d’asile. En plus, avec mon passeport ivoirien, je n’ai pas besoin de visa d’entrée. Je suis en règle au niveau du HCR. Tous les documents administratifs ont été présentés à la justice, et la partie adverse n’a rien eu à dire », a expliqué le ressortissant ivoirien à H24info.ma. Après le verdit judiciaire en sa faveur, il aurait dû être autorisé par la police des frontières à entrer au Maroc mais les autorités policières ne l’entendaient pas de cette oreille.  »Désormais, ils ne me proposent plus le rapatriement, mais ils refusent toujours d’appliquer la décision de justice », s’est-il plaint au site d’information marocain.  »Il est coincé dans une salle, et il n’a pas eu de repas chaud depuis des semaines», déplore, de son côté, sa campagne, Sylvie.

 

En attendant la régularisation

 

Le calvaire de Jacques Kokoba coïncide avec un important regroupement d’ONG marocaines et internationales de défense des droits des migrants jeudi à Rabat. Cette rencontre a été organisée pour, justement, réorienter vers plus d’humanisme la politique migratoire du Maroc, après l’annonce de la régularisation prochaine des sans papiers qui vivent dans ce pays.

La secrétaire générale de la Fédération internationale des droits de l’Homme, Amina Bouayach, avait estimé que cette rencontre était  »l’occasion pour tous les acteurs concernés d’exprimer leur point de vue sur la partie du programme de régularisation déjà réalisée », et  »pour que la suite de ce programme se déroule dans des conditions optimales, respectueuses des droits humains des migrants, et avec la participation pleine et entière de la société civile marocaine ».