Pour Noureddine Bouderba, la dernière version du projet du code de travail, si elle venait à être adoptée, aura « un impact terrible » sur les travailleurs et accordera aux employeurs des largesses jamais égalées.

 

 

Noureddine Bouderba, ancien dirigeant à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) et expert des questions sociales a mise en garde mardi sur Radio M contre les dangers de ce code sur lequel les syndicats ont été conviés récemment à se prononcer.

 «Nous risquons de passer d’un code protecteur du salarié à un code protecteur du capital, notamment en ce qui concerne les procédures liées à la justice », assure M. Bouderba qui parle de la menace d’une remise en cause de tous les acquis des travailleurs algériens.

 « En cas de licenciement abusif, par exemple, le juge ne pourra plus imposer à l’employeur de réintégrer l’employé licencié dans son poste, même si celui-ci détient un contrat à durée indéterminée (CDI) », explique-t-il.  Tout ce que le juge pourra faire se limite à l’employeur de payer une amende représentant 6 à 24 mois du salaire de l’employé.

Des CDD sans protection

 « Dans le cas d’un employé détenant un contrat à durée déterminée (CDD), l’employeur ne devra payer que les salaires équivalents aux mois inclus dans le contrats et non encore payés », ajoute-t-il.

 A ce propos, Noureddine Bouderba estime que ce projet de code de travail encourage indirectement la généralisation des CDD. Contrairement, à ce qui est fait dans d’autres pays, il n’en fixe aucune limite en termes de durée des contrats et du nombre de CDD consécutifs à signer.

 « En Algérie, 50% des travailleurs sont temporaires, et ce, dans tous les secteurs. Dans le privé, les temporaires représentent 71%. De même que 84% des jeunes employés âgés de 16 à25 ans ne sont pas permanents », déplore l’invite de Radio M.

 Noureddine Bouderba souligne par ailleurs qu’il existe un large mécontentement de syndicats autonomes à l’égard de ce code. « Le même mécontentement est palpable au niveau de la base de l’UGTA, dont la direction a malheureusement cautionné ce projet de loi », dira-t-il encore.