Une tentative de putsch opérée vendredi soir en Turquie a échoué. Un groupe de putschistes de l’armée a tenté de prendre le pouvoir en Turquie, entraînant une violente riposte d’Ankara dans la nuit de vendredi 15 à samedi 16 juillet avec des affrontements qui ont fait au moins 60 morts, civils et policiers.

 

 Les putschistes ont, dans un communiqué lu par un présentateur de la chaîne publique, annoncent que le gouvernement a été renversé  «afin d’assurer et de restaurer l’ordre constitutionnel, la démocratie, les droits de l’homme et les libertés, et laisser la loi suprême du pays prévaloir».

Le président Erdogan appelle, lui, dans une allocution diffusée via l’application de visioconférence FaceTime, les Turcs à descendre dans les rues pour résister à la tentative de coup d’État qu’il qualifie de « soulèvement d’une minorité au sein de l’armée». «Je ne pense absolument pas que ces putschistes réussiront», estime-t-il.

Des chars de l’armée sont déployés autour du Parlement turc. Ce dernier a été bombardé dans la où 17 policiers ont été tués. De violentes explosions sont entendues dans la capitale turque, accompagnées de coups de feu dans le centre-ville. Des avions de chasse survolent incessamment à basse altitude la métropole, selon des journalistes de l’AFP.

Des coups de feu sporadiques étaient toujours audibles au petit matin dans plusieurs quartiers d’Ankara et d’Istanbul, après une nuit marquée par des explosions causées, selon les médias, par des bombardements aériens.

Le Premier ministre Yildirim a ordonné samedi à l’armée d’abattre les avions et les hélicoptères se trouvant aux mains des militaires putschistes, a indiqué un responsable turc. « Des avions de combat ont décollé de leur base d’Eskisehir », dans l’ouest de la Turquie, pour combattre les appareils rebelles, a précisé ce responsable.

A son arrivée à l’aéroport d’Istanbul, après avoir interrompu ses vacances, Erdogan est accueilli par une foule nombreuse. Dénonçant une «trahison», il accuse des éléments liés à son ennemi Fethullah Gülen, exilé depuis des années aux Etats-Unis. Ce dernier ayant déjà condamné dans la nuit «dans les termes les plus forts» cette tentative de coup d’État.

 Le Premier ministre a assuré que tout était « largement sous contrôle », faisant état de 120 arrestations liées à la tentative de coup d’Etat. Un porte-parole du service de renseignements a également évoqué un « retour à la normale ».