Le CPP a traité d’une actualité « couleur » sinistre avec le durcissement de la conjoncture en Algérie (LF 2017) et la sur-droitisation de la droite en France (Fillon). Même Houda Feraoun n’a pu apporter un brin de douceur dans ce monde de brutes. Au contraire.

 

Le nouveau numéro du café presse politique, CPP, de RadioM (www.radio-m.net) a scruté la réaction des algériens face à la loi de finances qui a été adoptée en milieu de semaine. Plutôt sceptique sur une éventuelle poussée du front social en réaction aux nouvelles taxes qui arrivent le 1er janvier prochain. Pour Hadda Hazem, de retour dans le talk du mercredi, « le front social aura du mal à se mettre en place car les citoyens n’ont pas vraiment confiance dans les syndicats ». Même réserve chez Akram Khreif vis à vis de la réaction populaire pressentie à une nuance près, et elle est importante : « tous les ingrédients sont là pour une fronde sociale, mais le gouvernement a aussi les moyens de gérer par la force ». Bien comprendre que, faute de redistribution de la rente dans les prochains mois, il faut bien s’attendre à une accentuation de la répression policière. D’ailleurs Akram Khraif s’inquiète de savoir si « le gouvernement va avoir les moyens de continuer de payer 150 000 policiers pour tenir le pays face à la fronde qui arrive ». Un affrontement prévisible dont le principal moteur devrait être la sérieuse dégradation du pouvoir d’achat des algériens dès le courant de 2017 « je m’attends à un processus inflationniste dès l’année prochaine » prédit Abed Charef qui annonce une année 2018 encore plus dure. Il ajoute concernant la gestion du front social « si l’intersyndicale engage un mouvement de protestation c’est une bonne chose pour le gouvernement car il y aura un interlocuteur pour dialoguer ». Scenario préférable pour Abed Charef à celui ou la contestation s’exprime de manière désordonnée – et souvent contre productive- à travers des émeutes populaires.

La dégradation du secteur des TIC prépare quelque chose..

Le CPP s’est ensuite penché sur le grand corps malade algérien, le secteur des technologies de l’information et de la communication, les TIC. Motif ; un nouveau mouvement à la tête du management des opérateurs public, Algérie Télécom, Mobilis, et ATS (satellite). Ce n’est pas le premier changement de l’ère de la ministre Houda Feraoun, empêtré dans un bras de fer avec le syndicat de son secteur autour du projet de loi qui doit ouvrir de nouvelles activités des télécoms et de Internet à la concurrence. Pour Akram Khraif « Les changements vont encore terrorisés ceux qui sont en place. Il n’aura pas d’initiatives à la tête de ces opérateurs. Le secteur des TIC va encore se dégrader » Hadda Hazem et Akram Khraif sont d’accord pour dire que « le ministère des PTIC ne sert à rien et devrait être dissous ». Le clou de ce thème, qui a vite tourné au Feraoun Bashing, aura été cette info lancée par Akram Khraif : « une anecdote résume le management du secteur. Madame la ministre qui est diplômée de physique dans une université étrangère, est rentrée dans une chambre blanche sans charlotte sur la tête ».
A noter à la fin de la première partie de ce CPP, un pronostic important au sujet des grandes et petites manœuvres dans le secteur des TIC. Il vient (encore) de Akram Khraif pour qui « derrière ce qui se passe il se prépare un véritable démembrement en 2017 et 2018 » en vue de la privatisation des acteurs publics. A suivre.

La victoire de François Fillon vraiment « pas encore acquise » ?

« Du point de vue algérien, ce ne sait pas si on gagne au change entre François Fillon et Nicolas Sarkozy » cette interrogation de Abed Charef a planté le décor de la seconde partie du talk qui a vu les invités du CPP traités, autour de Khaled Drareni, du résultat surprise du 1er tour de la primaire de la droite et du centre en France. Abed Charef s’est lancé dans un portrait dynamique de François Fillon, désormais favori pour finir à l’Elysée en mai prochain, pour expliquer finalement qu’il incarnait une droite encore plus dure que celle que représente Nicolas Sarkozy sortit de la finale par ses propres électeurs. D’ou les Algériens ne gagnent pas au change. Les déclarations négationnistes de Fillon sur l’héritage colonial et son islamophobie tranquille n’inquiètent pas outre mesure Hadda Hazem « je pense que Fillon à la présidence devra changer de discours vis à vis des musulmans, comme l’a fait Trump ». Elle ajoute que de leur côté, « les musulmans de France, devront faire un effort » pour ne pas donner à chaque fois des arguments à la montée de l’extrême droite, qui a finit par retenir sur la droite républicaine et le centre. Khaled Drareni a rappelé d’ailleurs que les maghrébins de France qui ont participé à ce 1er tour de la primaire de la droite et du centre ont voté en grande majorité Alain Juppé. Le poids du vote musulman ne pèse cependant qu’à la marge en France pour Abed Charef : « parler d’un musulman France n’a pas de sens politiquement. Les musulmans de France ne sont pas un courant politique ». Pour autant, Abed Charef préviens : « la victoire de François Fillon dimanche prochain n’est pas encore acquise ».

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