« Face à une économie non encore diversifiée ni ouverte de manière transparente à la concurrence loyale, les forces de productions sont actuellement désorientées », estime l’économiste.

Le maintien du droit additionnel provisoire de sauvegarde (DAPS) sur les importations, comme annoncée par le ministère du Commerce, touchera directement le consommateur final, « ce qui détériora une fois de plus son pouvoir d’achat », estime SAM Hocine, enseignent chercheur à l’Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou.

Analysant pour Maghreb Emergent la levée de la suspension provisoire à l’importation de certains produits et marchandises, l’économiste relève qu’avant d’agir directement sur le commerce extérieur afin de baisser les volumes d’importation, et par conséquent baisser les facture en devise d’un côté, et de stimuler les exportations en « jouant » dangereusement sur la valeur de la monnaie nationale (dévaluation) de l’autre, « il fallait penser en amont à s’inscrire dans une démarche de relance de l’activité des secteurs économiques afin de réussir le processus de production locale, de créer de la compétitivité et d’assurer un développement économique et social harmonieux et autonome ».           

Selon M. SAM, le DAPS inclus comme contrepartie à l’importation intervient selon le ministère du Commerce pour des raisons liées à la sauvegarde de la Balance de paiement, mais « il ne touche pas tous les produits ». « Cette nouvelle taxe n’est nullement supportable par les importateurs mais il va falloir comprendre que la plus-value réalisée et dégagée au cours de l’exercice aussi bien dans l’exploitation que dans la commercialisation couvrira tous les frais et les droits de douanes déboursés », note-t-il.  

Commentant la décision portant suppression provisoire à l’importation durant l’année 2018, il souligne que ladite décision était « certes formidable » mais elle n’a pas, selon lui, été longuement réfléchie et débattue par les parties prenantes (le ministère du Commerce, les opérateurs économiques, les syndicats et les partenaires sociaux). « Elle est formidable car la facture d’importation que l’Algérie débourse annuellement, libellée en devise, est lourde. Ce qui explique et accentue en même temps l’inflation (dite importée) et la dégradation du pouvoir d’achat des Algériens.

Néanmoins, « face à une économie non encore diversifiée (rentière) ni ouverte de manière transparente à la concurrence loyale, les forces de productions (entreprises publiques et privées) sont actuellement désorientées et prises en otages par des lobbies incapables d’assurer la satisfaction des besoins locaux », analyse l’enseignant en économie.