Une exploitation de pétrole de schiste à Monterrey- Californie (DR)

 

Où placer le curseur du prix du baril pour éviter que la baisse de production du pétrole que déciderait l’OPEP et éventuellement la Russie ne soit pas rattrapée par les autres producteurs notamment la très dynamique industrie du pétrole de schiste américain? C’est la question pour les cinq à dix prochaines années.

  Si l’ancien ministre saoudien de l’énergie, Ali Al-Naimi ne voit aucun intérêt pour les pays de l’OPEP a courir vers un hausse des prix au lieu de défendre les parts de marché, son ancien collègue algérien, Chakib Khelil a laissé entendre, dans un entretien avec la chaine libanaise Al Mayadeen, que le prix plafond serait de 50 à 60 dollars.

 

 

 

 Pour lui, les grands pays pétroliers, dont la Russie et l’Arabie saoudite, ont trop souffert de la chute des prix. L’OPEP, estime-t-il, ne peut pas se permettre de ne pas parvenir à un accord à Vienne, le 30 novembre.

 « Ce sera un accord pour six mois ou 9 mois avant de se réunir en 2017 pour prendre de nouvelles décisions ». La moyenne des prix en 2017 sera, selon lui, de 50 dollars en cas d’accord à l’OPEP et en tout en état les prix ne dépasseront pas les 60 dollars au cours des deux prochaines années en raison d’une hausse prévisible de la production du schiste américain.

 Selon lui, le pétrole de schiste impactera va impacter durablement les prix du pétrole dans les cinq à dix ans années qui viennent d’autant que la nouvelle administration américain qui arrive avec Donald Trump va encourager la production aux Etats-Unis et imposer des taxes à l’importation du pétrole fossile.

 « Je vais lever les restrictions sur l’énergie américaine et permettre à cette nouvelle richesse de profiter aux communautés locales », avait annoncé Donald Trump en septembre lors d’une conférence sur les hydrocarbures de schiste en septembre.

 Une option qui devrait entrainer une hausse de l’offre de pétrole américain qui est passée de 5,5 millions de barils par jour en 2010 à 9,6 millions en 2015, en raison de l’exploitation du schiste.

 Une première manche perdue par les Saoudiens

 Mais déjà l’industrie du schiste américain a emporté la bataille lancée par l’Arabie saoudite en 2014 en acceptant de changer de cap et d’assouplir sa position au sein de l’OPEP en acceptant à Alger le principe d’une baisse de la production.

 Le pétrole de schiste américain a bien résisté au choc en raison d’une baisse sensible de la production.  Selon Wood Machenzie, l’attractivité du pétrole de schiste restera forte aux Etats-Unis où il est plus rentable que la production offshore en mer du nord ou au large de l’Afrique Occidentale.

 Selon plusieurs experts les coûts moyens par baril ont baissé de 30 à 40 pour cent aux États-Unis contre seulement de 10 à 12% pour les autres projets pétroliers.  Dans le sud du Texas, les investissements dans le pétrole de schiste sont rentables sur la base d’un prix d’un baril Brent à 48 dollars. Les investissements dans le pétrole de schiste devraient croitre aux Etats-Unis, ce qui va peser durablement sur l’offre et sur les prix.

 Le dilemme de l’OPEP tel qu’évoqué par Ali Al-Naimi reste entier car une réduction substantielle de la production faisant fortement remonter les prix va encore accroitre l’offre des producteurs américains de schiste.  D’où la question de départ : où mettre la barre pour améliorer les revenus des pays de l’OPEP sans rendre la concurrence rentable ?

 

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