Le prévisions de croissance algérienne du FMI étaient finalement plus optimistes que celles de Karim Djoudi (DR)

Mauvaises nouvelles sur le front de la croissance en Algérie. La progression du PIB connaitra un ralentissement en 2013, selon les prévisions de clôture du ministère des Finances.

Selon nos sources, la croissance devrait retomber à 3% en 2013 après avoir enregistrer 3,3% en 2012. Dans le détail, le Produit intérieur brut (PIB) algérien devrait se situer en 2013 à 17.771 milliards de DA (233,8 milliards de dollars) contre 15.843 milliards de DA (204,3 milliards de dollars) en 2012.
Le gouvernement a revu ses prévisions de croissance à la baisse, alors qu’il avait annoncé en grandes pompes, dans la loi de finances de 2013, une prévision de croissance de 5%, grâce notamment, au programme d’investissements publics.
D’ailleurs, le ministre des Finances Karim Djoudi avait affirmé en 2012, dans sa note de présentation de cette loi au parlement, que l’évolution de 5% projetée pour 2013 «constituera un confortement de la croissance économique réalisée au cours des dernières années, dont le niveau ne dépassait pas les 4% », et sera soutenue par l’accroissement de l’activité dans les secteurs des hydrocarbures, des services du BTP et de l’agriculture.
Cette révision à la baisse des prévisions de croissance par le ministère des Finances est inférieure de cinq points à celles du Fonds monétaire internationale qui tablait sur 3,5% de croissance en 2013 pour l’Algérie. Véritable douche froide pour le gouvernement, les mêmes projections de clôture pour 2013 évoquent des chiffres pessimistes pour la croissance hors-hydrocarbures qui devrait baisser, elle aussi en 2013, à 6,4% après avoir atteint 7,1% en 2012.
Un PIB gonflé par l’inflation
Les mêmes sources expliquent que ces projections ne reflètent pas la taille réelle de la croissance économique de l’Algérie car le PIB évoqué dans ces prévisions est nominal et non pas réel, mesuré sur la base de la valeur des biens et services à prix courant. Partant de ce principe, la progression du PIB ne signifie pas forcément une augmentation du volume des biens et services produits par l’économie mais plutôt la hausse de leur valeur en raison de l’inflation.
En dépit du fait que l’économie algérienne a pâti en 2013 de la baisse de la production pétrolière, où le secteur a contribué pour un tiers du PIB en 2012 avec plus de 67 milliards de dollars, il n’en demeure pas moins que les politiques économiques du gouvernement basées sur la dépense publique ont participé à ce recul.

Les limites du soutien de la croissance par la dépense publique
Le choix de soutenir la croissance par des investissements publics, maintenu par le gouvernement de Abdelmalek Sellal, a montré ses limites. L’exécution des budgets d’équipements durant ces cinq dernières années montre un écart important entre les crédits mobilisés dans les lois de finances et les dépenses enregistrées sur le terrain, compromettant l’objectif du gouvernement de parvenir à des taux de croissance importants.
A titre d’exemple les dépenses d’investissement dans le secteur de l’industrie durant l’année 2011, qui est une année maigre en réalisations financières, a été de 3,9% (491 millions de DA), alors que ce même secteur a connu une forte augmentation dans les crédits budgétaire qui était de 287% selon les mêmes sources.
L’investissement public est arrivé à saturation : les milliards de dollars injectés chaque année dans les plans de relance économiques ont donné lieu à des rendements maigres en matière de croissance. En Algérie il faut investir quatre milliards de dollars pour réaliser un milliard de dollars de bénéfice, alors qu’en Chine l’inverse est possible grâce à une ressource humaine qualifiée et un management de qualité. Dans ce pays asiatique, un milliard de dollars d’investissement suffit pour réaliser quatre milliards de dollars de bénéfices, avait avancé l’économiste Abdelhak Lamiri.