Le Maroc compte présenter plusieurs initiatives et propositions lors de la 22ème Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP22) qui aura lieu en novembre prochain à Marrakech. Ces initiatives et propositions ont trait à la sécurité alimentaire, les oasis, les déchets, les technologies de l’information, l’engagement citoyen et à la démocratisation de l’information climatique au niveau mondial.

Le ministre marocain de l’Agriculture et de la pêche maritime, Aziz Akhannouch, a affirmé que le Maroc présentera une nouvelle proposition intitulée « l’oasis durable » qui consiste à préserver cet espace pour l’avenir.
L’initiative l’Adaptation, l’Afrique et l’Agriculture (AAA) et la proposition de « l’oasis durable » sont les fers de lance du Maroc lors de la COP 22. Cette initiative AAA, ne concerne pas uniquement le Maroc mais toute l’Afrique avec des solutions basées sur la séquestration du carbone, la plantation des arbres, l’utilisation et l’optimisation des ressources en eau et la gestion des risques, a indiqué M. Akhannouch.
Le Maroc souhaite partager son expérience en la matière avec le monde, a noté le ministre, relevant l’importance du financement pour l’Afrique afin que l’agriculture africaine soit en rendez-vous au niveau international.
L’initiative AAA permettrait de relever les trois principaux défis auxquels le continent fait face aujourd’hui. Il s’agira de garantir des financements aux projets, en particulier ceux liés à l’adaptation de nos agricultures aux changements climatiques, d’œuvrer à l’augmentation de la productivité agricole et d’augmenter le pouvoir de séquestration des sols africains, avec un bénéfice double d’atténuation et d’adaptation, en ligne avec les recommandations de l’initiative française « 4 pour 1000 » (augmentation chaque année de la matière organique des sols de 4 grammes pour 1.000 grammes de CO2).
Le ministre marocain de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Politique de la ville, Mohamed Nabil Benabdellah, a également déclaré que la COP22 sera marquée par l’organisation d’un nouveau « Buildings Day », une occasion pour présenter les nouveautés opérées dans le secteur de l’habitat. Notant que le secteur du bâtiment représente le tiers de la consommation énergétique totale du Maroc, M. Benabdellah a affirmé que son département est impliqué dans la mise en place des normes et des règlements de construction relatifs à la qualité des matériaux pour faire en sorte que, désormais, la politique de l’habitat et la politique urbaine au Maroc soit profondément marquée du sceau du développement durable.
Le ministère a fondé en collaboration avec ses partenaires une alliance marocaine bâtiments et constructions regroupant l’ensemble des intervenants dans l’acte de construire (architectes, ingénieurs, promoteurs immobiliers, entreprises, fédérations professionnels et société civile) à laquelle vont se joindre d’autres membres, a dit le ministre.
De son côté, le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) du Maroc, Nizar Baraka, a fait savoir que le Maroc propose de mettre en place une plateforme électronique « Fast Track Finance », une sorte de guichet unique qui permettra à tous les pays de connaitre les différents fonds existants, les critères d’éligibilité et les possibilités d’accès à ces crédits.
Ce guichet unique sera mis en place à travers l’établissement d’une cartographie des acteurs de la finance climatique, la mobilisation des acteurs pour l’assistance technique à la conception des projets soumis au financement, et le développement d’un réseau des acteurs de la finance climatique partenaires de l’initiative et permettant d’avoir un fast-track, a expliqué M. Baraka.