Pour Meriane, il s’agit tout simplement « d’une volonté d’interdire aux syndicats autonomes de se constituer en confédération ». 

Le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, a rejeté la demande d’agrément de la Confédération des syndicats algériens (CSA), déposée le 28 décembre dernier par 13 organisations syndicales autonomes, a-t-on appris aujourd’hui, 6 février, du Coordinateur national du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), Meziane Meriane.

Pour dénoncer ce refus et éclairer l’opinion publique, les syndicats fondateurs de la CSA ont tenu ce matin, une conférence de presse à Alger. « Nous avons animé une conférence de presse pour dénoncer les agissements illégaux du ministère du Travail », explique la même source.

Selon Meriane, l’histoire remonte au 28 décembre dernier, lorsqu’une délégation de CSA s’est rendue au siège du ministère pour déposer le dossier de demande d’agrément. « Après avoir plusieurs obstacles bureaucratiques, les fonctionnaires du ministère ont fini par réceptionner le dossier et remettre une récépissé de dépôt. Seulement deux jours après, le coordinateur de la délégation Sadek D’zairi reçoit un coup fil du ministère lui demandant de venir en urgence. A son arrivée, on lui restitue le dossier de demande d’agrément accompagné d’un avis défavorable », note Meriane.

Dans la notification de refus, le ministère invoque le non-respect de l’article 2 de la loi 14/90. Un motif qui ne tient pas la route selon notre interlocuteur. « Le ministère fait référence à un article qui parle de la création d’un syndicat et non d’une confédération », souligne-t-il. Pour lui, il s’agit tout simplement « d’une volonté d’interdire aux syndicats autonomes de se constituer en confédération ». 

« Nous avons respecté à la lettre toutes les démarches légales prévues par la loi, mais le ministère du Travail invente un motif pour nous empêcher d’activer », déplore-t-il.

Interrogé sur les actions à mener suite à ce refus, il dira que les membres de la confédération vont redéposer le même dossier de demande d’agrément accompagné d’un document explicatif. En outre, il n’écarte pas le recours à la justice voire la saisine de l’OIT(Organisation internationale du Travail).  

Une réunion d’évaluation de la situation sera tenue le 21 février courant, à Alger, par les membres de la Confédération des syndicats algériens.

A noter que le même ministère a accordé sans réserve il y a quelques jours, l’agrément au Forum des chefs d’entreprises (FCE), qui devient ainsi un syndicat (Confédération FCE).