L’OPEP devant une nouvelle épreuve pour tester la solidarité entre ses membres.

La visite du ministre algérien de l’Energie à Moscou entre dans le cadre d’une tournée dans certains influents pays producteurs de pétrole qui l’a déjà mené à Doha et surtout à Téhéran. Le but consensuel recherché par l’Algérie et la Russie serait la stabilisation des cours du pétrole au-dessus de 50 dollars.

 

 

Le ministre algérien de l’Energie, Noureddine, Bouterfa, doit s’entretenir demain vendredi à Moscou avec son homologue russe, Alexander Novak, au sujet de la coopération énergétique russo-algérienne mais aussi, et peut-être surtout, des préparatifs de la réunion informelle de l’OPEP prévue le 27 septembre à Alger.

Cette réunion, qui se tiendra en marge du Forum international de l’énergie, doit se pencher sur la situation du marché pétrolier mondial, où les prix est encore loin de satisfaire les producteurs et se caractérisent par un écart énorme avec leur niveau d’avant juin 2014.

Selon des sources diplomatiques citées par des médias algériens, le but consensuel pour l’Algérie et la Russie serait la stabilisation des cours dans une fourchette allant de 50 à 60 dollars le baril.

La visite de Noureddine Bouterfa à Moscou entre dans le cadre d’une tournée dans certains influents pays producteurs de pétrole qui l’a déjà mené à Doha et surtout à Téhéran.

 

Souplesse saoudienne et iranienne

 

Les efforts algériens pour amorcer la stabilisation des cours du pétrole au-dessus de 50 dollars le baril se mènent dans un contexte plus favorable qu’il y a quelques mois. L’Iran, qui avait jusqu’à tout récemment refusé tout abaissement de son quota de production, montre sa disposition à mieux coopérer avec les autres producteurs. L’Arabie saoudite est également plus coopérative que par le passé, comme l’a montrée une déclaration commune signée en marge de la dernière réunion du G20 entre son ministre Ressources naturelles, Khaled al-Faleh, et le ministre de l’Energie russe.

Pour rappel, l’Iran est le troisième producteur OPEP. Jusqu’à tout récemment, il avait refusé de prendre part aux discussions menées par des grands producteurs OPEP et non-OPEP pour sauver les prix de l’effondrement qu’elles connaissent depuis juin 2014. Il justifiait son refus d’accepter un gel de la production par son désir de récupérer son quota historique qui avait été affectée par les sanctions occidentales.

Les tentatives de gel de la production menées au début de l’année se sont soldées par un échec cuisant, l’Arabie Saoudite exigeant que l’Iran lui aussi gèle sa production.

 

 

La réunion d’Alger : optimisme des uns, scepticisme des autres

 

Il est attendu de la réunion informelle de l’OPEP à Alger qu’elle lance le processus de stabilisation des prix du pétrole, qui ont commencé à s’effondrer en juin 2014. Tous les signaux sont positifs pour le moment quant à un éventuel accord sur le gel de la production pétrolière des pays de l’OPEP, a estimé Abdelmadjid Attar, ancien PDG de Sonatrach et actuel vice-président de l’Association algérienne de l’industrie du gaz, dans une déclaration faite, il y a quelques jours, à la Radio algérienne publique.

Cet optimisme n’est partagé par tous les observateurs. Pour Goldman Sachs un accord sur le gel de la production de pétrole entre les producteurs OPEP et les producteurs non-OPEP ne sera pas forcément profitable aux premiers. Selon un rapport de cette banque d’affaires américaine cité par des agences de presse, « si l’accord (de gel de la production, NDLR) débouche sur la hausse ultérieure des prix du baril et qu’il entraîne une intensification des exportations depuis les pays non membres de l’OPEP, celui-ci risque d’être contreproductif pour l’OPEP ».