Le coût du projet de la Grande mosquée d’Alger, si cher au président Bouteflika, est estimé à 120 milliards de dinars (1,2 milliard d’euros).

Selon Abdelmadjid Tebboune, le maître d’œuvre chinois emploie 1.500 ouvriers seulement, alors qu’il est censé en recruter 3.000 selon les termes du contrat, et les horaires effectifs du travail sur le chantier ne dépassent pas 8 à 9 heures par jour. A fin septembre 2014, le taux d’avancement des travaux était à 34%.

 

Le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Abdelmadjid Tebboune a fustigé samedi le retard accusé dans les travaux de réalisation de la Grande mosquée d’Alger, affirmant que son ministère prendrait toutes les mesures nécessaires pour la livraison de ce projet à la fin du premier semestre de l’année 2016.

« Les travaux ont accusé un grand retard pour des raisons techniques qui sont plus ou moins acceptables et pour d’autres raisons inhérentes au bureau d’études allemand, au maitre d’oeuvre chinois et à l’entreprise en charge de la gestion de ce projet, lesquelles nous rejetons catégoriquement », a indiqué M. Tebboune lors d’une visite d’inspection au chantier, en compagnie du wali d’Alger, Abdelkader Zoukh.

Expliquant les raisons de ce retard, M. Tebboune a indiqué que « les accords conclus au lancement du projet comportaient plusieurs vides qui ont été exploitées » rappelant par la même « le décès de l’ancien directeur de l’Entreprise chargée de la gestion de la Grande mosquée d’Alger, ce qui a ralenti le cadence des travaux ».

La société chinoise (maitre d’oeuvre) emploie 1.500 ouvriers seulement, alors qu’elle est censée en recruter 3.000 selon les termes du contrat, a fait savoir le ministre qui a n’a pas manqué de relever le non respect du travail posté (3X8) précisant que les horaires effectifs du travail sur ce chantier ne dépassaient pas 8 à 9 heures par jour.

Le ministre qui intervenait en marge d’une réunion à huis clos avec les responsables du secteur et ceux des entreprises concernées par le projet, a affirmé que son département rendrait public prochainement plusieurs décisions afin de rattraper le retard accusé et d’atteindre le taux d’avancement des travaux préalablement défini.

« Cette réunion est à même d’aplanir les obstacles techniques et ceux liés aux entreprises en charge de la réalisation du projet », a estimé M. Tebboune.

« Nous veillerons à trouver des solutions consensuelles et prendrons des décisions fermes afin d’assurer une coordination entre les entreprises concernées. Aussi, nous imputons à ces entreprises le retard accusé du fait du manque d’organisation et du chevauchement des missions, mais pas celui  dû aux entraves techniques », a-t-il martelé.

Le projet de la Grande mosquée d’Alger devait être réceptionné fin 2015 ou début 2016 au plus tard.

S’agissant du béton destiné à la réalisation du minaret de 264 mètres de hauteur (deux étages souterrains, un rez-de-chaussée et 43 étages), le ministre a fait savoir qu’il serait fin prêt cet automne, selon les techniciens algériens chargés de l’étude qui ont souligné que le climat serait favorable à l’étude de ce type de béton.

 

La priorité aux 6 bâtiments principaux

 

Les responsables du projet ont expliqué au ministre lors de sa visite au chantier que le taux d’avancement des travaux avait atteint 34% jusqu’au 30 septembre, soit 2,10% par mois durant la période allant du 02 décembre 2013 au 30 septembre 2014, contre 15% en décembre 2013, soit 0,7% par mois entre le 20 mars 2012 et le 1er décembre 2013.

La priorité a été donné, selon les mêmes sources, à la réalisation de 6 bâtiments principaux sur 12 unités. Il s’agit notamment d’une salle de prière d’une capacité d’accueil de 126.000 fidèles, du minaret qui comprend des salles d’exposition, un hall, un parking, un centre culturel, une bibliothèque et la maison du Coran.

Le coût de ces structures a atteint 48 milliards DA jusqu’au 20 septembre dernier sur les 120 milliards DA (coût des projets), soit un taux de consommation de 40,55%.

Le coût global du projet est estimé à plus de 122 milliards DA, selon les mêmes intervenants qui ont ajouté que la réalisation de certaines parties importantes du projet nécessitait l’importation d’équipements spéciaux.

Le président de la République Abdelaziz Bouteflika a procédé à la pose de la première pierre le 31 octobre 2011 et les travaux ont débuté officiellement le 20 mai 2012.