Photo : Aboubaker Khaled

Lors des travaux du comité des experts de la commission économique pour l’Afrique, mercredi à Marrakech, le point commun de toutes les interventions était le développement du numérique en Afrique. Une exigence qui devrait se généraliser à tous les domaines économiques et dans les politiques publiques des Etats.

Dans son discours, la secrétaire exécutive de la CEA, Vera Songwe, a déclaré que « la numérisation et l’économie numérique sont primordiaux pour stimuler la croissance et la transformation structurelle ». Elle a insisté sur le fait que cette transformation soit plus qu’utile pour optimiser les résultats budgétaires en Afrique.

Il faut noter qu’actuellement, la valeur de l’économie numérique mondiale est estimée à plus de 11 500 milliards de dollars et devrait atteindre 23 milliards de dollars d’ici à 2025. Elle représenterait actuellement 15,5% du PIB mondial et devrait atteindre 25% du PIB mondial en moins de une décennie.

Numériser pour une meilleure couverture fiscale

Le même avis est partagé par le nouveau président du comité des experts, Zouhair Chorfi (SG du ministère de l’Economie et des finances marocain). Il a précisé que cette transformation pourrait être un levier pour le développement des administration fiscales. Il a indiqué qu’en matière de politiques fiscales, « l’usage des systèmes électroniques de déclarations fiscales et de paiement devrait élargir l’assiette fiscale et permettre aussi de faire baisser les coûts liés à la collecte des impôts et des taxes ».

Il a noté ensuite que « la forte intégration de l’économie numérique peut stimuler la compétitivité et mettre à niveau les capacités productives du secteur privé africain, à même d’ouvrir de nouvelles perspectives au commerce et à entrepreneuriat et offrir de nouveaux moyens d’accéder aux marchés étrangers et de renforcer l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales ».

Une vraie poussée pour la croissance

Les pays du continent sont placés devant leurs responsabilités en ce qui concerne l’avenir du commerce intra-africain. Durant la première plénière du comité des experts de la CEA, toutes les délégations étaient d’accord sur l’importance de la mise en œuvre de la zone de libre-échange continentale africaine et sur la nécessité du développent numérique.

Selon Vera Songwe, « le commerce numérique en Afrique croît rapidement à un taux annuel estimé à 40% et devrait constituer une part croissante du commerce, en particulier pour le commerce intra-africain. L’impact de cette croissance est double. Premièrement, en créant des opportunités pour les micros, petites et moyennes entreprises ; et deuxièmement, en élargissant l’assiette des recettes fiscales et non fiscales sur laquelle les pays financent leurs stratégies de développement à long terme ».

Enfin, l’ensemble des intervenants rappelleront que la ZLECA changera la donne en matière de transformation structurelle en Afrique en stimulant les exportations industrielles vers une base d’exportation plus équilibrée et durable.

De notre envoyé à Marrakech : Aboubaker Khaled