Photo bomare company

Alors que l’Algérie a cruellement besoin d’une entrée en devises, la dernière mesure, décidée par le ministère des Finances, « prive le pays de renflouer ses caisses en monnaie européenne sonnante et trébuchante ». C’est ce qu’affirme Ali Boumédiène, directeur général de Bomare Company, entreprise algérienne activant dans le secteur de l’industrie électronique depuis 2001 sous sa marque commerciale Stream System.

Ali Boumédiène revient donc sur la dernière note du ministère des finances à l’attention des fabricants algériens de produits électroniques et électroménagers, visant à remplacer le paiement par cash des kits SKD-CKD importés par un paiement à crédit différé sur 9 mois.

« La décision nous est tombée sur la tête. Et le mieux aurait été de nous en informer au moins trois à quatre mois à l’avance afin de nous préparer à une situation inédite », indique ce responsable qui a réussi à faire du « made in Algérie » exportable vers des pays comme l’Espagne, en 2015, le Portugal en 2016 ou l’Italie en 2019.

« Avec un peu de chance nous serons sur le marché allemand, si la situation venait à se débloquer. Soit le marché le plus important en Europe et qui engloutit à lui seul 15 millions d’appareils/ an», poursuit Ali Boumédiène.

En outre, il regrette que le forcing qu’il aura déployé pour imposer sa marque bien algérienne sur les marchés internationaux soit ainsi subitement anéanti. Il évoque un flou total qui entoure encore le secteur industriel dans lequel il évolue du fait de l’absence de tout feed-back de la part de départements clés comme celui du commerce ou celui des finances concernant ladite note.

M Boumédiène qui partage le souci des pouvoirs publics de préserver les réserves de change, tient néanmoins à préciser que la décision du ministère des Finances impact différemment la production destinée au marché local et celle destinée aux marchés internationaux.

Selon lui, on a mis tous les œufs dans le même panier, en ne faisant pas le distingo entre la production pour la consommation locale et celle destinée à l’export. La démarche eston ne peut plus générale, laisse-t-il entendre en ajoutant : «Notre seule voie de salut consiste à proposer un produit et l’exporter pour espérer gagner de la devise forte, partant du principe que les banques algériennes entendent combler leur manque à gagner en devises. La note vient à contre-sens de cette ambition et a bloqué tous les opérateurs y compris les opérateurs à l’export. »

« Si pour le marché local la situation peut être gérée moyennement sous condition de négocier avec nos partenaires, le cas n’est pas le même sur le front de l’export ou le pari est perdu d’avance dans de pareilles conditions. On ne peut pas être compétitifs», ajoute Ali Boumédiène.

Il rappelle à ce titre que le crédit à 9 mois n’est pas gratuit et suppose des intérêts qui vont de 3% à 6% et une fois cumulés, ils peuvent avoisiner les 9%.

« Si pour le marché local, la situation peut être moyennement gérée, sous condition de négocier avec nos partenaires, le cas n’est pas le même sur le front de l’export ou le pari est perdu d’avance dans de pareilles conditions. », alerte M Boumédiène.