Les cours du pétrole ont bondi jeudi, poursuivant leur récente évolution en dents de scie, après des propos de l’Arabie saoudite relançant les espoirs de mesures de stabilisation de l’offre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).

Le cours du baril américain de référence (WTI) a rebondi de 1,78 dollar à 43,49 dollars sur le contrat pour livraison en septembre au New York Mercantile Exchange (Nymex), alors qu’il avait perdu environ un dollar la veille.
A Londres, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre, contrat de référence, a monté de 1,99 dollar cents à 46,04 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE), lui aussi au lendemain d’une nette baisse.
Après un très mauvais mois de juillet, sur fond d’inquiétudes renouvelées à propos du niveau élevé de l’offre, les cours tentent de se reprendre depuis le début août, mais fluctuent beaucoup face à des éléments discordants sur les perspectives du marché.
Ainsi, jeudi, « Khalid al-Falih, le ministre du pétrole saoudien a annoncé que son pays était prêt à faire tout ce qu’il faut pour faire rebondir les cours… Alors même que l’on avait pris connaissance la veille d’une production saoudienne à un niveau record ! », a rapporté Matt Smith, de ClipperData.
Il voyait dans ces propos la principale explication au fort rebond des cours de jeudi, qui avaient pâti la veille des chiffres sur la production du royaume, membre dominant de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).
« Le problème, c’est que le marché est actuellement tiraillé par une lutte entre la réalité et les possibilités », a résumé James Williams, de WTRG Economics. « La réalité, c’est que le marché reste frappé de surabondance. »

Rapport mitigé

« D’un autre côté, il va y avoir cette conférence en septembre à Alger, où l’Opep pourrait discuter avec la Russie » en vue d’une stabilisation du marché, a-t-il enchaîné.
L’annonce lundi par le cartel d’une réunion extraordinaire a relancé les spéculations sur des mesures de gel de l’offre après l’échec en avril d’un sommet sur le sujet en présence de la plupart des membres de l’Opep, dominée par l’Arabie saoudite.
M. Williams estimait toutefois que la réunion de septembre ne déboucherait probablement sur aucune mesure concrète et qu’il faudrait attendre le prochain sommet semestriel de l’Opep, en décembre, pour espérer de véritables actions.
Avides de tout élément sur les perspectives d’offre et de demande, les investisseurs ont par ailleurs digéré jeudi un rapport mensuel de l’Agence internationale de l’Energie (AIE), bras énergétique de l’OCDE, après des publications semblables cette semaine du département de l’Energie (DoE) et de l’Opep.
« Le rapport de l’AIE était mitigé, avec des éléments incitant au pessimisme comme à l’optimisme », a estimé M. Smith.
L’AIE a prévenu que la demande de pétrole souffrirait l’an prochain des conséquences du vote britannique de la fin juin en faveur d’une sortie de l’Union européenne (UE), mais elle n’en a pas pour autant remis en question la perspective d’un rééquilibrage du marché de l’or noir.
Certains observateurs « seront peut-être tentés de faire une lecture positive du rapport mensuel de l’AIE », a prévenu dans une note Tim Evans, de Citi. « Mais, au final, ses chiffres montrent que le marché mondial du pétrole se rééquilibre plus lentement qu’il y a un mois. »
« Peut-être que le marché est plus proche de l’équilibre qu’il y a un an et continue à évoluer en ce sens, mais (les révisions faites par l’AIE) placent la barre assez bas », a-t-il conclu. « Et, malgré les discours sur une résorption de la surabondance, l’AIE elle-même remarque que les réserves continuent actuellement à monter. »