Les initiateurs du forum national pour le dialogue qui a eu lieu aujourd’hui samedi 6 juillet 2019 à Ain Benian (Alger), ont rendu publique une plateforme qui résume leur vision de la sortie de crise.

Adoption d’une solution dans le cadre de la constitution

Avant de dresser la feuille de route, les participants ont tenu à souligner quelques principes pour leur démarche. Ils ont commencé par la nécessité de l’application des deux articles 7 et 8 de la Constitution algérienne, la Proclamation du premier novembre 1954 comme repère pour la concrétisation de l’Etat algérien, l’unité nationale, des élections libres et transparentes, le respect des libertés et du pluralisme politique, syndical et associatif, ainsi que la liberté de la presse et le droit de l’accès à l’information. L’armée nationale populaire étant l’institution constitutionnelle qui préserve l’indépendance du pays, la défense de la souveraineté et l’unité nationale.

Ils ont également arrêté comme principe l’adoption d’une solution dans le cadre de la constitution qui englobe les deux aspects, constitutionnel et la solution politique.

Mise à l’écart de tous les symboles de l’ancien système politique

Les initiateurs de la réunion ont en outre noté des procédures à suivre pour une sortie de crise et qui sont principalement: la mise à l’écart de tous les symboles de l’ancien système politique, l’ouverture de la sphère politique et médiatique et la cessation de toutes les restrictions, mais aussi le respect des libertés individuelles et collectives ainsi que le respect de la liberté d’expression et le refus des interpellations liées à cet aspect.

Organisation des élections présidentielles dans des délais raisonnables et acceptables

Quant aux objectifs de ce dialogue, c’est en somme la recherche d’un consensus sur les principes qui constituent un cadre adéquat afin de revenir au processus électoral. L’objectif est d’arriver à un accord sur la constitution de l’instance indépendante d’organisation et de supervision des élections présidentielles, sa composante, son cadre juridique et l’ensemble de ses prérogatives, ainsi que l’organisation des élections présidentielles dans des délais raisonnables et acceptables pour sortir de la crise multidimensionnelle, ce qui contribuera au début de la véritable transition démocratique et la construction de l’Etat national. Le compromis sur les procédures et mécanismes de la période précédant les élections.

La gestion du dialogue national

Les participants à cette initiative ont proposé la mise en place d’une instance de gestion du dialogue national, composée de personnalités nationales intègres, crédibles et compétentes, jouissant d’une large acceptation populaire. Ses membres seront choisis de manière consensuelle par les acteurs du dialogue, en écartant les symboles du système politique corrompu de la gestion du dialogue national.

Les partisans du 5e mandat de Bouteflika écartés

Cette instance aura pour missions la convocation du dialogue national, l’élaboration du projet de résolution et le suivi de son exécution. Quant à la participation au dialogue, il est proposé de l’ouvrir à toutes les instances politiques, économiques et sociales adhérant au mouvement populaire, aux jeunes et aux personnalités qui accompagnent le mouvement, et qui n’ont pas soutenu le système corrompu et le cinquième mandat. Les autorités seront représenté par des personnalités et des cadres non impliqués dans la corruption et la fraude électorale et qui n’ont pas été du côté du système corrompu ni rejetés par le peuple.

Il a été arrêté un nombre de critères et qui concernent notamment l’adoption des revendications de la révolution populaire, ne pas avoir adopté un comportement contraire au mouvement populaire, ne pas avoir été directement impliqué dans la fraude électorale, ni dans le soutien au cinquième mandat et dans la corruption, et ne pas avoir fait partie des symboles du système.

Les participants ont également arrêté la composante et les missions de l’instance chargée d’organiser de superviser les élections présidentielles. Celle-ci sera l’émanation d’un dialogue national, elle aura pour missions de veiller sur toutes les étapes de l’opération électorale, de recueillir et de traiter les dossiers de candidature, de veiller au respect des règles de déroulement de la campagne électorale et à son financement, et de veiller sur le déroulement du scrutin et l’annonce des résultats.

Cette instance exercera ses missions en toute indépendance par rapport à l’administration et aux puissances financières, elle jouira dès lors de l’autonomie administrative et financière, elle sera organisée de manière pyramidale et couvrira l’ensemble du territoire national. La préparation des élections verra également la mise à l’écart des symboles du système déchu et des rejetés par la population.

Six mois pour l’organisation des élections présidentielles

Le forum du dialogue national a débouché sur la proposition d’un délai de six mois pour l’organisation des élections présidentielles, période durant laquelle sera amendée la loi électorale et le code de l’information dans son volet relatif aux élections. Le futur président élu aura pour mission principale de répondre aux aspirations du peuple en matière de changement radical du système à travers des réformes politiques et constitutionnelles à même d’instaurer la démocratie et l’Etat de droit des libertés et des institutions légitimes. Concernant le rôle de l’Armée Nationale Populaire, le document final du forum mentionne qu’en plus de ses missions constitutionnelles, l’armée devra aider à solutionner la crise et réaliser la transition démocratique, en respect à la volonté populaire. Le document final fait appel à la volonté politique de tous ceux qui aspirent à la paix et à la stabilité du pays. A ce titre, les propositions adoptées sont destinées à l’opinion publique nationale, au pouvoir réel, et à toutes les personnalités et cadres à tous les niveaux, pour débat et enrichissement.