Les représentants du Syndicat algérien des éditeurs de la presse électronique (SAEPE), en cours de création, ont tenu leur première conférence de presse  ce mercredi matin au siège d’Interface Médias  à Alger. La date choisie pour l’organisation de la conférence n’est pas fortuite, le collectif a tenu à faire entendre sa voix à la veille de  la journée internationale de la liberté de la presse. Lors de cette conférence les porte-paroles du syndicat  ont présenté un document qu’ils ont nommé « Projet pour un pacte d’avenir » ainsi qu’un Plan d’urgence en 05 points.

 

«  Nous proposons un pacte stratégique d’avenir pour dynamiser cette production en permettant aux médias digitaux algériens de réaliser leur potentiel de marché » lit-on sur le document rendu public par le syndicat. Par ce même biais, les éditeurs ont souligné que « les autorités algériennes ont mieux à faire que de redouter ou de chercher à contenir une tendance planétaire à la digitalisation des échanges. Les Algériens continueront de consommer ailleurs les contenus qu’ils ne trouveront pas dans leur offre numérique domestique. C’est largement le cas aujourd’hui, 93% de la bande passante est occupée par la data produite à l’étranger », affirment les conférenciers, et d’ajouter « nous avons pris le pari de l’investissement et nous voulons en poursuivre le risque créatif. Nous voulons redonner un souffle au travail de journalisme mis à mal par la crise du modèle économique des médias traditionnels et par l’incursion des réseaux sociaux comme source alternative d’information ».

Plan d’urgence en 05 points

En appui à leur offre de « pacte d’avenir » les éditeurs  proposent  un plan en 5 points pour engager « sans délai la normalisation de la situation de l ‘édition de la presse électronique ».

« Les médias électroniques et les professionnels de la presse en ligne sont maintenus arbitrairement en dehors de tout cadre légal. Nous demandons la fin de cette situation » précisent les membres du SAEPE. Ils évoquent  aussi à l’impératif d’impliquer les représentants du SAEPE dans la préparation des textes d’application de cette loi. Ils  appellent notamment  à ce qu’ils soient associés à la commission de la carte de presse nationale, carte à laquelle les journalistes des médias en ligne n’ont toujours pas droit. Enfin le SAEPE  demande « la levée sans délai de l’embargo de la publicité publique et institutionnelle sur la presse électronique »,  il est noté dans ledit document que « l’ANEP a été instruite de ne pas signer de conventions d’achat d’espaces publicitaires sur les médias en ligne. Cet étranglement économique doit immédiatement cesser ». Aussi le SAEP insiste sur la création d’un fond pour le développement des contenus numériques algériens, en particulier de la presse électronique.  

Pour Ihsane El Kadi « l’urgence est de s’organiser autour de ce syndicat fraîchement crée. Nous devons voir le ministre et soumettre notre plateforme de revendications. Nous ne devons pas négocier mais nous imposer »

“Depuis la promulgation de la loi de 2012, les médias électroniques sont tolérés, seulement aujourd’hui nous demandons à être reconnu légalement” a affirmé Abdou Semmar, membre du syndicat et d’ajouter « aujourd’hui dans les cas de litiges judiciaires le journaliste de presse électronique lorsqu’il est présenté devant le juge ou le procureur se voit systématiquement nier son statut de journaliste qui le protège de l’incarcération et se voit relégué au rang de blogueur ».

Il faut rappeler que plus de 30 médias électroniques  se sont rassemblés au sein du SAEPE qui est un syndicat patronal. Et que ce dernier a tenu plusieurs réunions de préparation et a rendu public de nombreux communiqués. Le rassemblement des créateurs de sites d’informations électroniques a eu lieu l’année dernière après la censure du site TSA.

Ils rappellent enfin que depuis 2016 les autorités concernées évoquent la préparation de textes pour l’application de cette loi mais sans impliquer les premiers concernés à savoir ceux qui font ces médias dans l’élaboration des textes en question.