« Ces accords (traités transatlantique et transpacifique) risquent d’avoir des implications sérieuses sur le continent africain et surtout sur l’Afrique du Nord qui a signé des accords de libre-échange aussi bien avec l’Union européenne qu’avec les USA », estime le SG de l’UMA.

Le Secrétaire général de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), Habib Benyahia a alerté ce mardi à Rabat (Maroc) sur le risque que constituerait pour l’Afrique la construction de grands blocs inter-régionaux dans les pays développés.
Dans un discours prononcé à l’occasion de l’ouverture de la 31e session du Comité intergouvernemental d’experts de la Commission économique Afrique pour l’Afrique du Nord (CEA-AN), M. Benyahia a cité le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement en cours de négociation entre les Etats-Unis et l’Europe et l’accord de partenariat transpacifique, signé le mois de février dernier, prévoyant l’intégration des économies des régions Asie-Pacifique et Amérique.
« Ces accords (traités transatlantique et transpacifique) risquent d’avoir des implications sérieuses sur le continent africain et surtout sur l’Afrique du Nord qui a signé des accords de libre-échange aussi bien avec l’Union européenne qu’avec les USA », a-t-il précisé.
Pour lui, ces traités de libre-échange qui « rendront un jour les accords de l’OMC caducs » ne se limitent plus au commerce, mais englobent les services, les questions environnementales, les marchés publics, les mesures sociales.. etc. Il a recommandé, dans ce sens, de mener une étude sur les éventuels impacts de ces accords sur les échanges avec l’Afrique du Nord « afin de prendre les mesures qui s’imposent ».

« Une véritable vision au niveau national d’abord »

Convaincu que l’Afrique signera l’accord de libre-échange en 2017, le SG de l’UMA a estimé que la transformation structurelle envisagée pour l’Afrique à l’horizon 2063 nécessitera non seulement le développement du commerce régional ou continental mais « une véritable vision au niveau national d’abord ensuite continentale ». « Cette vision doit tenir compte du potentiel existant dans chaque pays », a-t-il dit. Et d’ajouter que la réalisation d’un développement constant et inclusif, doit combiner le développement des infrastructures et le renforcement du processus d’intégration régionale afin la dépendance des pays africains vis-à-vis de ses marchés traditionnels.
« Parallèlement à cela, un effort doit être entrepris dans le domaine de la facilitation du commerce et la suppression des barrières non tarifaires », a-t-il insisté. Et de recommander : « Il faut instaurer un flux commercial fluide entre nos pays afin de permettre l’accroissement des investissements et l’installation de chaines de valeurs compétitives ».