Le groupe armé l’Etat islamique entend s’emparer du pouvoir central en Irak et en Syrie comme premier pas vers un Etat du califat.

 

Les réseaux internationaux de recruteurs de djihadistes n’ont réussi qu’à embrigader une centaine de jeunes Algériens, assure dimanche une source responsable au ministère de l’Intérieur, dans la foulée des attentats terroristes de vendredi à Paris. Dans les pays du Maghreb, pourtant, les réseaux recruteurs ont réussi à embrigader des milliers de jeunes, envoyés en Syrie et en Irak grossir les rangs de Daech.

 

  

Les attentats terroristes de vendredi soir à Paris, qui ont fait selon un bilan provisoire 129 morts et 352 blessés, et provoqué une véritable onde de choc en Europe, mettent au grand jour le rôle des filières de recrutement de djihadistes de l’Etat Islamique (Daech) dans les pays maghrébins. Invité de l’émission ‘’L’invité de la rédaction’’ de la radio chaîne 3, le directeur des Libertés publiques et des affaires juridiques au ministère de l’Intérieur Mohamed Talbi, a assuré que les réseaux de recrutements de djihadistes Algériens sont très surveillés.  Selon lui, les services de sécurité ont mis en place un mécanisme nouveau pour prévenir le recrutement de jeunes Algériens pour aller combattre en Syrie. ‘’Contrairement à des pays limitrophes en proie à la violence terroriste, l’Algérie n’a pas connu un phénomène de grande ampleur. Moins d’une centaine de cas a été mise à jour ‘’, a-t-il affirmé. Pour prévenir de tels embrigadements dans les filières terroristes, il a expliqué qu’un ‘’système d’échange de données’’ entre tous les services de sécurité a été mis en place, ajoutant que ‘’les mesures arrêtées récemment pour surveiller des sites des réseaux sociaux l’ont été justement dans cet objectif.’’ Une banque de données sur les filières et réseaux terroristes a été mise en place et est exploitée par les services de sécurité pour traquer le recrutement de terroristes en Algérie. Pour ce responsable au ministère algérien de l’Intérieur,  »les filières sont connues’’, et l’Algérie a été ainsi le ‘’pays le moins touché’’ par les réseaux recruteurs. Il a précisé que les services de sécurité recourent à l’écoute de communications pour surveiller ces réseaux recruteurs qui sont installés à l’étranger.

Plus de 1.000 djiahdistes marocains embrigadés

Le  Maroc où le niveau d’alerte a été élevé dans les premiers instants de l’attentat de Paris, compterait selon le ministre de l’Intérieur Mohamed Hassad quelque 1.122 djihadistes marocains enrôlés dans les rangs de l’Etat islamique (Daech). Pour les services de sécurité marocains, la hantise est qu’une grande partie de ces 1.122 marocains affiliés à Daech rentre au Maroc pour y créer des cellules terroristes et commettre des attentats. En juillet dernier, et devant le parlement, le ministre de l’intérieur Mohamed Hassad avait prévenu que selon ses services de sécurité,  »1.122 Marocains sont affiliés à des organisations terroristes en Irak et en Syrie, aux côtés d’autres ressortissants européens d’origine marocaine dont le nombre est estimé à 2000 ». Pour le ministre marocain de l’intérieur, qui a annoncé début 2015 des mesures de prévention d’actes terroristes draconiennes, ces  »combattants » marocains occupaient des postes de commandement au sein de l’EI, qu’ils ont rejoint  »non seulement pour combattre à ses côtés, mais également pour recevoir des entraînements en vue de mener des attaques contre le royaume ».  Tunisie, Libye, Mauritanie sont également des terrains fertiles pour le recrutement de djihadistes devant aller servir en Irak et en Syrie, où ils sont formés.