Photo Boris Joseph
Les banques algériennes, privées ou publiques commencent à s’intéresser de plus en plus à l’entrepreneuriat et aux startups technologiques. La barrière du financement n’est pas encore franchie, mais l’implication dans l’écosystème entrepreneurial commence à se faire sentir. Chose que nous confirme, d’ailleurs, Boris Joseph, directeur général de Natixis Algérie, dans cette interview à Maghreb Emergent lors du sommet sur les villes intelligentes, tenu les 27 et 28 juin dernier au CIC à Alger.

 

Maghreb Emergent: Selon vous, quel rôle jouent les banques dans la création d’une smart city ou dans l’accompagnement des entreprises technologiques ?

Boris Joseph: Quand on dit Smart City, c’est une résultante de toute une révolution technologique qui est en train de se faire partout dans le monde. Donc, tous les secteurs économiques, y compris nous les financiers on a un grand rôle à jouer dans cette révolution digitale que le pays vient d’entamer. D’abord on est une composante sectorielle essentielle et ensuite, les banques sont une partie de l’écosystème des villes en général et dans les villes intelligentes en particulier. Donc forcément, on a notre rôle à jouer dans le projet de la Smart City d’Alger.

Comment les banques peuvent-elles contribuer à réalisation d’une ville intelligente ?

D‘abord, on a tous un rôle à jouer, individuellement ou collectivement, par l’innovation de chacun et sur tous les niveaux. En deuxième lieu, ce nouvel écosystème, que sont ces fameuses startups qui naissent et qui sont des acteurs souples et rapides. Elles ne demandent pas beaucoup de financement pour voir leurs réalisations se concrétiser. C’est tout l’intérêt.

Nous, en tant que banquiers, nous n’avons pas vocation à entrer dans le capital de ces petites entreprises. Ce sont les acteurs économiques spécialisés dans ces cœurs de métiers qui devraient investir le plus. En revanche, nous les banquiers, notre rôle est d’assurer le financement pour l’octroi des crédits et non pas de faire partie du capital investissement des startups.

Quel est donc le rôle des banques à l’intérieur de cet écosystème et au côté des Startups ?

Dans le cas des startups, c’est un peu compliqué de proposer des offres de financement, parce que ces startups n’ont pas de bilans visibles et généralement leur business plan est limité. En revanche, il y a d’autres façons de les aider, comme par exemple les sponsorings ou par la création des espaces de travail, ou encore en établissant une interface de liaison entre les clients des banques et ces startups.

Il faut savoir que dans tout cet écosystème, toutes les startups ne survivent pas, certaines sont vouées à disparaitre. Celles qui réussissent sont celles qui ont un business model pérenne, celles qui génèrent de la valeur ajoutée, donc ce sont ces startups qui grandissent et attirent les capitaux. Ce sont aussi elles qui sont utiles pour le citoyen.

Vous avez lancé récemment la première banque mobile en Algérie, « Banxy », où en êtes-vous aujourd’hui ?

On est à à peine 2 mois du lancement de Banxy et nos chiffres ne sont pas encore grands, mais c’est satisfaisant par rapport à nos attentes. L’Application Banxy a été téléchargée 30 000 fois. L’offre qu’elle contient à ce stadeest  seulement une première étape, donc son enrichissement avec d’autres solutions arrivera bientôt, à l’instar de l’offre « épargne » que nous n’avions pas encore. D’ici la fin de l’année, l’application sera complète et répondra aux attentes de nos clients algériens.

L’Algérie se lance dans le E-Paiement, quels sont vos offres aux E-Marchands qui sont clients de Natixis ?

Généralement, nous proposons ce que les autres banques proposent en termes de transactions interbancaires. Par contre, dans le cadre de transactions PtoP qui sont clients de Natixis ou ceux qui sont sur le réseau Banxy, les transferts se font en temps réel et non en J+3.

Aboubaker Khaled