Le scénario qui semblait peu probable il y a deux ans est aujourd’hui presque une réalité.

La perspective d’un retour imminent du pétrole iranien plombe le marché pétrolier qui a fini la semaine à 29,90 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex) et 29,24 dollars, sur l’Intercontinental Exchange (ICE).

 

Les cours du pétrole ont fini la semaine sous les 30 dollars le baril. Le baril de light sweet crude pour livraison valait 29,90 dollars en fin d’échanges vendredi sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), tandis qu’à Londres le  prix du baril de Brent de la mer du Nord a chuté à 28,24 dollars, sur l’Intercontinental Exchange (ICE).

Les analystes du marchés ont expliqué cette forte baisse qui persiste depuis le début de l’année par les inquiétudes sur le retour probable du pétrole iranien qui est suspendu à une confirmation, dans les prochains jours, de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) que les Iraniens ont tenu les engagements pris dans le cadre de l’accord de juillet 2015 sur la réduction de leur programme atomique. Les gens sont en train d’anticiper un retour sur le marché du pétrole iranien d’ici quelque jours, a expliqué James Williams de WTRG Economics à l’AFP.

Sur un marché en surabondance depuis plus de 18 mois, l’idée de l’injection de 500 000 barils/ jour plombe le marché qui n’arrive à se remettre en dépit de quelques timides rebonds, suite à quelques signes envoyés par les acteurs du marché sur une baisse de la production. Sur la semaine, le marché pétrolier a subi une chute de plus de 11% à New York et de près de 14% à Londres. Depuis le début de l’année, il a reculé de quelque 20,5% aux Etats-Unis et de plus de 22% en Europe. « Jusqu’à présent, le seuil des 30 dollars semble servir de cours plancher pour le pétrole. Toutefois, une dépréciation plus importante est vraisemblable dans les mois à venir, du fait de la persistance d’un excès d’offre », relevaient les analystes de Commerzbank à l’AFP.

A Wall street, les banques plongent

Cette situation du marché n’est pas sans inquiéter les marchés financiers.  Selon l’AFP, le secteur bancaire était malmené vendredi à Wall Street, traders et les analystes s’interrogeant sur le remboursement des crédits accordés aux entreprises énergétiques sur fond de chute des prix du pétrole. L’indice regroupant toutes les valeurs financières perdait 4,24% vers 18H00 GMT, alors que celui du secteur énergétique lâchait 4,16%. Et les six grandes banques américaines étaient très pénalisées.

Cette défiance générale était due davantage due à l’augmentation des réserves non juridiques qu’à leur rentabilité. On a l’impression qu’elles ont commencé à augmenter les réserves liées au crédit, une première depuis plusieurs années, a déclaré l’analyste Jack Ablin de BMO Private Bank à l’AFP.

Citigroup et Wells Fargo, respectivement quatrième et troisième banques américaines par actifs, ont passé d’importantes provisions au quatrième trimestre et annoncé une hausse de leurs réserves pour suppléer aux défauts de paiements des compagnies énergétiques. La veille, JPMorgan Chase, première banque américaine, avait averti qu’elle pourrait encore augmenter ses réserves si le prix du pétrole restait aux alentours de 30 dollars pendant un long moment.