L’analyse de la pression démographique, souvent oubliée dans les  analyses,  pose la problématique tant du développement que de la sécurité nationale. Car sans un développement  durable, elle constitue à terme une véritable bombe sociale

 

 

1.-Quelle a été l’évolution de la population mondiale ?

 

– 600 à 679 millions d’habitants vers 1700,

-1,76   milliard en   1900,

-2,52   milliards en 1950,

-3,02  milliards  en 1960,

-3,68 milliards en  1970,

-4.44 milliards en 1980,

-5.31.milliards en 1990,

-6.12 milliards  en 2000,

-6.93 milliards en 2010,

-7.35 milliard  en 2015

 -7,55 milliards  en 2017.

-7,60 au 01 mai 2018

 

Les démographes estiment que la population humaine mondiale augmente de 246 000 habitants par jour, résultat égal à la différence entre les 403 000 naissances et les 157 000 décès estimés par jour sur Terre, ce qui représente une hausse de 90 millions de personnes par an. Par zone géographique en moyenne en 2017, l’Asie représente 4.504.4280.000 habitants soit 59,7%, l’Afrique 1.256.268.000 soit 16,6%,l’Europe, la zone la plus riche du monde 742.0741.000 soit 9,8% , l’Amérique latine et Caraïbes 645.593.000 soit 8,6% , Etats Unis et Canada 361.208.000 soit 4,8%, Océanie, 40.691.000 soit 0,5% et l’Antarctique 1500 soit 0,0% pour un total  de 7.550.262.000 habitants . La croissance de la population africaine va être plus importante durant cette période. Selon les prévisions de l’Ined (France) , la population de l’Afrique va doubler entre 2017 et 2050, elle passera de 1,25 milliard d’habitants à 2,574 milliards. En revanche, la population mondiale  devrait  tendre vers  10 milliards d’êtres humains (9,846 milliards) .

 

2.-Qu’en est-il de l’évolution de la population algérienne ?

 

– 1950   8,87 millions d’habitants

– 1960 11,27,

– 1970 14,69,

-1980 19,47,

 -1990 26,24,

 -2010 à 37,06

 -au 1er janvier 2016 , 40,61

-au 1er janvier 2017, 41,3

-au 1er janvier 2018, 42,4 millions d’habitants

Les  chiffres donnés par l’ONS (Office national des Statistiques) sur les prévisions de l’évolution de la population algérienne d’ici 2030  serait  de  51, 026 millions. Et selon l’hypothèse  du rythme actuel de 2,4 enfants par femme et  d’ici à 2050 pour atteindre 65 millions d’habitants, données qui doivent être corrélées à l’espérance de vie. Alors qu’elle est de 77,1 ans pour les hommes et de 78,2 pour les femmes, l’expérience de vie à la naissance sera de 81 ans pour les hommes et de 83 ans pour les femmes d’ici à 13 ans Les chiffres de l’Ined confirment les tendances de l’ONS , montrant que la population algérienne est jeune,  constituée à 29% des moins de 15 ans, les plus de 65 ans  représentant environ  6%. Selon l’INED, les  prévisions sur la forte croissance de la population algérienne durant les 33 prochaines années s’expliquent par un nombre de naissances annuelles de 1,103 million et un indice de fécondité (nombre d’enfants par femme) relativement élevé de 3,1 par rapport aux pays du bassin méditerranéen comme le Maroc (2,4), la Tunisie (2,4), la France (1,9) et la Libye (2,4). L’Égypte est au-dessus avec un indice de 3,3 et le Niger occupe la première place du classement mondial avec l’indice le plus élevé (7,3)..(voir audit , toujours d’une brulante actualité  dirigé par le professeur Abderrahmane Mebtoul  assisté de plusieurs experts(démographes-sociologues-économistes-juristes)   gratuitement pour le compte de la présidence de la république entre 2008/2009  «  pression démographique-emploi et salaires »  (8 volumes 780 pages)  

3.-Quelle est la  répartition spatiale de la population ? .

 

 Selon les données pour 2016, les 12 wilayas ayant une densité de moins de 20 habitants au km² (Djelfa, Laghouat, El Oued, Naama, El Bayedh, Ouargla, Ghardaïa, Adrar, Bechar, Tamenrasset, Illizi et Tindouf) représentent 89 % de la superficie du pays pour à peine 13 % de la population. Les 36 autres wilayas, toutes situées au Nord  ont  une densité supérieure à 20 habitants au km²,  représentent 11 % de la superficie (soit environ 240 000 km2) et regroupent 87 % de la population. Parmi ces 36 wilayas du Nord, les densités les plus fortes se retrouvent autour des grandes agglomérations (Alger, Oran, Constantine et Annaba), viennent ensuite les wilayas littorales plus rurales (Chlef, Tipaza, Tizi Ouzou, Jijel, Skikda, etc), puis les wilayas intérieures (Relizane, Mascara, Médéa, Souk Ahras, etc) et enfin les wilayas proches du Sahara (Tébessa, M’sila, Tiaret, Saïda, etc).Plus précisément par ordre décroissant nous avons :Alger, Oran, Blida, Boumerdes, Constantine, Annaba,  Mostagaenm, Tizi- ouzou, Bejaia, Tipaza, Jijel, Sétif, Mila, Skikda, Chlef , Bouira, Ain Defla,  Ain Temouchent, Bordj Bou Arredj, Relizane, Mascara, El Tarf, Guelma, Tlemcen, Souk Ahras,  Tissemsilt, Médéa, Batna, Oum El Bouaghi, Sidi Bel Abbes, M’sila, Saida, Tiaret, Khenchela , Biskra, Laghaout, Djelfa. Les autres wilayas comme El Oued, Naama, Ghardaia, El Bayadh, Ouargla, Béchar, Adrar, Tamanrasset et Illizi viennent de loin derrière.

 4.-Bonne gouvernance et  finalité sociale

 

La satisfaction des besoins d’une population donnée doit  lier dynamique économique et dynamique sociale pour être fiable, tenant compte de la nouvelle transformation du monde. L’ensemble des données précédentes montrent qu’en cas d’un non développement, la pression démographique constituera une véritable bombe sociale. Car  la pression démographique  impliquera des besoins croissants : plus de biens de consommation  alimentaires et de biens de consommation  durables, plus d’infrastructures,   plus d’écoles, de plus de centres de formations et d’hôpitaux. D’où l’importance  pour tout gouvernement d’avoir un tableau de prospective afin d  éviter de piloter à vue. Il existe un théorème en sciences politiques : 20% d’actions bien ciblées ont un impact sur 80% ; mais 80% d’actions désordonnées que l’on voile par  de l’activisme ont un impact seulement de 20% avec un gaspillage important des ressources financières. En économie le temps ne se rattrape jamais : toute nation, en ce monde turbulent et instable,  qui n’avance pas recule forcément.  Aussi, il s’agit   de penser d’ores et déjà à  la diversification de l’économie nationale afin de créer plus de postes d’emplois et répondre aux besoins d’une population de plus en plus exigeante. Qu’en sera t-il avec la raréfaction des ressources financières avec une population de plus en plus nombreuses,  qui risque d’impacter  les projets de développement ? Cela ne pose  t-il pas l’urgence d’une nouvelle gouvernance fondement d’une réorientation  de l’actuelle politique socio-économique pour avoir forcément  un taux de croissance supérieur au taux de croissance démographique sinon le taux de chômage ira en croissant (taux de croissance supérieur à 7/8% sur plusieurs années pour créer 350.000/400.000 nouveaux postes de travail par an)? Cela ne pose t-il pas également, l’impératif d’abandonner les vieux  schémas des années 1970 notamment en matière de politique industrielle, afin de s’adapter à la quatrième révolution économique mondiale qui  s‘annonce irréversible entre 2020/2030, fondée sur des réseaux, plus de concertation sociale  et  plus de décentralisation, à ne pas confondre avec déconcentration avatar de la mentalité bureaucratique rentière ? 

Professeur des universités, expert international Dr Abderrahmane MEBTOUL

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