La première phase du plan de paix pour le Proche-Orient établi par Washington est lancée mardi à Bahreïn avec une présentation du volet économique qui vise 50 milliards de dollars d’investissements sur dix ans pour les Palestiniens, lesquels ont dénoncé la primauté de l’aspect économique sur le politique et seront absents.
Cet « atelier », selon le terme employé par le concepteur du projet, Jared Kushner, permettra au gendre et conseiller du président américain Donald Trump de présenter les investissements espérés dans les territoires palestiniens, notamment pour permettre la construction d’un « corridor » reliant la Cisjordanie à la bande de Gaza, selon des responsables américains et des documents consultés par Reuters.
Aucun représentant de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) ou de l’Autorité palestinienne ne prendra part à la conférence dans la capitale bahreïni Manama, alors que les Palestiniens refusent tout dialogue avec l’administration Trump depuis que le président américain a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre 2017.
La Maison blanche a dit avoir renoncé à inviter une délégation gouvernementale israélienne en raison de l’absence de représentants de l’Autorité palestinienne.
L’attitude de l’Arabie saoudite et des pays du Golfe sera observée de près, notamment leur volonté d’effectuer ou non des dons pour un projet qui suscite le rejet ou l’exaspération dans le monde arabe.
Ryad, qui tient à ménager Washington, a assuré à ses alliés arabes qu’il n’approuverait rien qui puisse nuire aux revendications fondamentales des Palestiniens.
Si la conférence se concentre sur l’aspect économique, les pays du Golfe espèrent qu’elle servira aussi à mettre en exergue une solidarité avec les Etats-Unis pour la ligne dure que ceux-ci ont adoptée à l’égard de l’Iran, a dit un diplomate de haut rang d’un pays arabe.
Plus de la moitié des 50 milliards de dollars d’investissements espérés par l’administration américaine seraient dépensés dans les territoires palestiniens, le reste dans la région – en Egypte, au Liban et en Jordanie. Certains projets verraient le jour au Sinaï, où ils pourraient profiter aux Palestiniens dans l’enclave de Gaza.
Le corridor de transport entre la bande côtière et la Cisjordanie coûterait 5 milliards de dollars. Le plan propose également d’engager près d’un milliard de dollars pour bâtir un secteur touristique palestinien, une idée d’apparence incongrue étant donné l’insécurité dans la région et les fréquentes flambées de violence entre forces israéliennes et groupes armés palestiniens.
Washington espère que les riches pétromonarchies du Golfe ou des investisseurs privés financeront l’essentiel de la facture, a déclaré Jared Kushner.