Image : Aboubaker Khaled pour Maghreb Emergent.

Les étudiants ont réussi à forcer le passage, à Alger-centre, à travers le dispositif de sécurité pour atteindre le Palais du gouvernement où ils ont résisté à la répression policière jusqu’à 11H30.

Alors que les policiers surveillaient les escaliers de la Grande Poste et fermaient les boulevards Abane Remdane et Zighout Youcef, les étudiants avaient un autre projet en tête pour faire passer leurs messages aux pouvoir. C’est d’aller devant le bureau de Noureddine Bedoui, au Palais du gouvernement.

Tout en scandant des slogans hostiles au pouvoir et en rejetant les élections présidentielles du 4 juillet prochain, ils ont emprunté la rue Pasteur, ce qu’ils faisaient habituellement, pour redescendre par la fac centrale. Cette fois-ci, ils ont pris la ruelle du 19 mai 1956, qui donne sur le Boulevard du Docteur Sadane. Inattendu pour les policiers.

Les étudiants étaient rapides et bien organisés. la méthode avec laquelle ils ont réussi à forcer les barrières de la police était impressionnante. Privilégiant l’effet de surprise, ils n’ont aucune aucune chance aux policiers pour recourir à la violence.

après avoir passé quatre barrières de la police anti-émeute, les étudiants ont été stoppés juste devant les portes du Palais du Gouvernement. « Makanch Intikhabat Ya Elissabat », scandaient-ils . Le chemin étroit avant d’arriver au carrefour Franz Fanon a donné l’avantage aux policiers.

Les étudiants ont réalisé que l’objectif avait été atteint et ont promis qu’ils « ne s’inclineront » pas. Ils se sont assis par terre et ont scandé plusieurs slogans à l’adresse du chef de l’Etat, Bensalah, le Premier ministre, Bedoui et le chef d’Etat-major, Ahmed Gaid Salah.

Pour repousser les étudiants en colère vers le bas du Boulevard Docteur Sadane, la police à eu recours à la force : du gaz lacrymogène et des coups de matraque. Plusieurs étudiants, qui étaient aux premiers rangs, ont été arrêtés et embarqués dans les fourgon. à l’heure de la rédaction de cet article, on ne sait toujours pas s’ils ont été relâchés.

Après le retour du Palais du Gouvernement, les étudiants ont marché vers la Grande Poste, le Boulevard Amirouche, le Boulevard Hassiba Ben Bouali. Ils ont emprunté la Rue Victor Hugo pour atteindre le Boulevard Didouche Mourad en passant par la Place Maurice Audin.

Tout au long de ce parcours, les étudiants des facultés algéroises, n’ont pas cessé de scander leurs slogans habituels : « étudiants s’engage, pouvoir dégage », « Daoula Madania, machi Askaria ».