Lors du dernier café des experts économiques (CEE), ses animateurs  les experts Mourad Goumiri et Ferhat Ait-Ali ont averti contre les dérives et le mélange des genres à l’aune d’un mouvement populaire inédit en Algérie, mais où, l’économie nationale risque gros, face au regard implacable du FMI (Fonds monétaire international) et de celui de la Banque mondiale. 

Farhat  Ait-Ali répond  a tenu à préciser que  «l’économie algérienne a toujours été sinistrée par l’administration et ce n’est pas aujourd’hui que quelques grèves ou marches hebdomadaires auront raison d’une économie déjà sinistrée par le pouvoir».

L’actualité chaude s’invite alors au débat comme la grève qui a paralysé cycliquement le complexe de Tosyali ou encore la fermeture temporaire du complexe sidérurgique Sider El Hadjar. Farthat Ait Ali répond alors à brûle pourpoint que Tosyali « est une monumentale arnaque de 2 milliards de dollars pour un laminoir qui produit théoriquement 1,5 million de tonnes de métaux en tous genres, notamment du rond à béton».

L’intervenant enfonce Tosyali en le comparant à d’autres investissements de même vocation et autrement plus pertinents. Mourad Goumiri  estime, quant à lui, que les grèves perlées et tournantes, des usines incendiées, l’arrêt de production d’El Ouenza qui impacte El Hadjar…sont des singes avant coureurs. Prudent, il avertit : « Il y a une confusion des genres entre Hirak, lequel symbolise une revendication hautement et exclusivement politique et la grève syndicale. Encore faut-il savoir si ces revendications sont recevables ou non dans un contexte pareil d’insurrection».

Le monde adopte une position de « wait and see » vis-à-vis de l’Algérie en cette période cruciale. L’on observe sur quoi va déboucher le Hirak, et cet attentisme est déjà un préjudice en soi estime les invités de Radio M.  Le mélange des genres est mortel, comme cela a été vu avec le FCE lorsqu’il s’était mué en porte-parole du gouvernement. Le Hirak et la grève purement syndical sont deux choses fondamentalement différentes et il faut faire le distingo entre les deux. « Les travailleurs doivent protéger et préserver leur outil de production », concluent les animateurs de ce CEE.