L’insécurité alimentaire est une menace de plus en plus précise.

Selon la FAO, les 19 pays de la région comptent près de 43,7 millions de personnes sous-alimentées, soit 10% de la population. Pour réduire ces taux élevés, souligne-t-elle, « il est essentiel de resserrer la coopération intergouvernementale ».

 

 

Les gouvernements du Proche-Orient et d’Afrique du Nord (Mena) se sont engagés vendredi, lors de la clôture de la 32e Conférence régionale de l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à renforcer la coopération pour mieux affronter les enjeux critiques de sécurité alimentaire et de gestion de l’eau dans la région.

Selon un communiqué publié sur le portail électronique de la FAO, le directeur général de cette organisation, José Graziano da Silva, a mis l’accent, dans son allocution à la clôture de cette conférence régionale de cinq jours, sur la nécessité de renforcer l’action intergouvernementale dans la région Mena en matière de faim et de nutrition.

« Dans ce monde globalisé, on ne peut envisager de sécurité alimentaire à l’échelle d’un seul pays. Nous devons œuvrer de concert et c’est l’engagement que nous avons pris ici. C’est le point de départ pour bâtir un monde où règne la sécurité alimentaire », a-t-il déclaré.

Dans le rapport final de la conférence, les gouvernements de la région ont approuvé un cadre stratégique destiné à améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition à l’échelle régionale.

Le cadre adopté invite les gouvernements à unir leurs efforts pour affronter la faible croissance de la productivité grâce à des investissements supplémentaires dans la recherche et le développement, des gains d’efficacité dans les chaînes d’approvisionnement permettant de réduire l’exposition à la volatilité du marché et autres chocs, ainsi que des filets de protection et des programmes d’éducation nutritionnelle renforcés.

A cet égard,  il est prévu la création de réserves céréalières régionales visant à compenser les hausses des prix des denrées de base, selon la même source.

A l’heure actuelle, les 19 pays de la région comptent près de 43,7 millions de personnes sous-alimentées, soit 10% de la population. Pour réduire ces taux élevés dans un contexte de forte croissance démographique, d’appauvrissement des ressources naturelles et de changement climatique, « il est essentiel de resserrer la coopération intergouvernementale », souligne la FAO.

Les gouvernements ont également  approuvé l’expansion à l’échelle de toute la région de l’Initiative régionale de la FAO sur la raréfaction de l’eau, qui concernait jusqu’à présent six pays pilotes.

Dans le cadre de cette initiative, les pays s’attacheront à améliorer leurs pratiques de gestion de l’eau au niveau national ainsi qu’au-delà de leurs frontières pour élaborer une approche de collaboration pour la gestion de cette ressource vitale.

 

Raréfaction des disponibilités en eau douce

 

Les disponibilités d’eau douce par habitant dans la région ont diminué des deux tiers au cours des 40 dernières années et devraient continuer à reculer de 50% durant les 35 prochaines années si l’évolution actuelle de la croissance démographique et les modes de consommation se poursuivent au même rythme, avertit la FAO.

En outre, la Conférence a approuvé une autre initiative régionale visant à réduire les pertes et gaspillages alimentaires. Le Proche-Orient et l’Afrique du Nord dépendent des importations pour satisfaire plus de 50% de leurs besoins alimentaires, et pourtant un tiers de toute la nourriture produite ou importée est perdue ou gaspillée.

Les gouvernements ont demandé à l’Organisation de concentrer ses efforts sur l’aide aux pays dans trois domaines prioritaires: raréfaction de l’eau, renforcement de la résilience pour une meilleure sécurité alimentaire et nutritionnelle, et soutien à la petite agriculture.

L’allocation budgétaire de la FAO pour les activités à la région Mena pour la période 2014-2015 s’élève à 45,8 millions de dollars, avec des besoins supplémentaires de contributions volontaires estimés à 95,5 millions de dollars.

Les pays participant à la conférence ont reconnu la nécessité de mobiliser des ressources additionnelles en faveur de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, notamment par le biais de la coopération Sud-Sud et de partenariats, ainsi que du nouveau Fonds fiduciaire de solidarité régionale de la FAO qui est en train d’être mis en place avec une contribution initiale de 2 millions de dollars du gouvernement irakien.

La Conférence a vu la participation de plus de 160 délégués, dont 11 ministres, ainsi que de représentants de la société civile, du secteur privé, d’autres organismes des Nations Unies et de pays en qualité d’observateurs.