Les prix du pétrole ont débuté ce lundi la semaine par une timide remontée, portée par les espoirs d’une décision de l’Opep de geler la production au moment où la reprises des affrontements entre milices rivales en Libye éloigne la perspective d’une reprise, du moins dans un avenir proche, des exportations de ce pays.

 

En cours d’échanges européens, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre valait Vers 10H00 GMT, 46,36 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, gagnant 59 cents par rapport à la clôture de vendredi.

Vers 13H20 GMT, le cours du baril de « light sweet crude » (WTI), référence américaine du brut, gagnait pour sa part 29 cents à 43,32 dollars sur le contrat pour livraison en octobre au New York Mercantile Exchange (Nymex).

Les prix du pétrole avaient accusé la semaine dernière une forte baisse (de 4,67% pour le Brent, de 6,21% pour le WTI), secoués par les craintes des investisseurs sur une surproduction du marché alors que la demande stagne, notamment motivées par la perspective de la reprise des exportations libyennes.

Une reprise prochaine des exportations libyennes est illusoire

« La reprise des combats en Libye montre que le rebond des exportations de brut ne se fera pas de lui-même, comme nous avons déjà pu le voir maintes fois », commentait Bjarne Schieldrop, responsable des analyses de SEB Markets, cité par l’AFP.

Les autorités basées dans l’Est, qui contrôlent la région productrice du Croissant pétrolier, ont en effet dû repousser dimanche une offensive lancée par une milice alliée au gouvernement d’union nationale libyen (GNA), qui visait à reprendre le contrôle de terminaux.

Un réservoir de brut a pris feu lors des combats dans le port d’al-Sedra, a précisé la Compagnie nationale du pétrole (NOC) dans un communiqué.

« Il est probable qu’une normalisation prochaine des exportations de pétrole libyen se révèle illusoire », ont indiqué les analystes de Commerzbank dans une note.

« La Libye produit actuellement 0,25 million de barils par jour, alors qu’elle en produisait 1,6 million auparavant, et qu’elle dit qu’elle pourrait revenir à une production d’un million de barils par jour avec l’accord politique actuellement en place », rappelait Bjarne Schieldrop.

La perspective d’un accord sur la limitation de la production a fait redresser les cours

Les prix du pétrole ont été également encouragés par les déclarations du président vénézuélien Nicolas Maduro dimanche, qui ont laissé entrevoir un accord sur le gel de la production lors d’une réunion informelle des pays producteurs, aussi bien membres que non membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep),  prévue le 27 septembre à Alger en marge du Forum de l’Energie.

« Nous sommes proches d’un accord entre les pays producteurs, membres de l’Opep et non membres de l’Opep », a assuré M. Maduro, après avoir indiqué s’être entretenu avec les président iranien et équatorien.

« Ce sont des nouvelles en provenance de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole au cours du weeek-end, qui sont venues donner un coup de pouce au marché », a commenté Bob Yawger de Mizuho Securities.

Cependant, les gains du pétrole restaient cependant modérés en regard des pertes de la semaine dernière au cours de laquelle le Brent avait perdu plus de 4,5%  du fait de nouvelles  craintes liées à une surabondance de l’offre.

Par ailleurs, les prix de l’essence, qui avaient ponctuellement soutenu le brut la semaine précédente, sont en baisse « parce que l’on s’attend à ce que l’oléoduc Colonial soit remis en service d’une manière ou d’une autre dans les tous prochains jours », a ajouté Bob Yawger.

Une fuite sur un oléoduc reliant le Texas (sud) à la côte nord-est des Etats-Unis avait forcé l’entreprise l’exploitant à l’arrêter partiellement, ce qui avait fait flamber les cours des dérivés du pétrole la semaine dernière.

Un léger affaiblissement du dollar soutenait également les cours du brut, libellé dans cette devise.