Abdessemed
Le vice-président du FCE, Salaheddine Abdessemed, lors de son passage à L’invité du direct (ph. : Ahmed Sahara).
« Le Conseil National Consultatif de la PME n’a pas vocation à faire le travail des organisations patronales ou des chambres de commerces. Notre mission n’est pas de travailler sur les agrégats du climat des affaires mais de développer les filières. »

Nommé président du Conseil National Consultatif pour la Promotion des PME il y a à peine six mois, Salaheddine Abdessemed, également vice-président du FCE,  veut aller au fond des choses en injectant une vision de long terme dans le secteur et en l’installant durablement sur la voie de l’émancipation. Cette feuille de route ambitieuse se décline en quatre axes prioritaires. En effet,  selon lui, Le CNC-PME se fixe quatre priorités. « Il nous faut absolument appréhender le tissu national des PME et en élaborer un Index  en nous basant sur tous les fonds d’informations qui existent au niveau des ministères et des organismes public en charge du secteur.  Nous devons bien connaitre le secteur, bien l’analyser pour mieux fixer les priorités en termes de développement.  On ne peut pas et ne doit pas appliquer la même politique à tous les secteurs et pour identifier les exigences de chacun, il faut disposer de toutes les informations nécessaires » a-t-il dit en soulignant que le manque d’informations à conduit à des confusions  et des saturations dans plusieurs filières. Mieux connaitre  le secteur de la PME permet d’adapter les incitations et les aides aux besoins du marché et d’éviter  la désintégration ou la saturation des filières », ajoute-t-il.

La deuxième priorité du CNC-PME est, indique Salaheddine Abdessemed,  l’organisation des filières.  En effet, selon lui, « il est impératif d’élaborer une pyramide sectorielle  et d’organiser chaque filières pour mieux identifier les problèmes qui lui sont spécifique». « Chaque filière a des spécificités et des problèmes spécifiques. Il faut donc que les filières s’organisent pour que leurs problèmes spécifiques soient facile à identifier  et à formuler et, par conséquent, facile à résoudre », assure-t-il en tranchant : «  aujourd’hui, si on n’approche pas les problèmes des PME par les filières, on ne pourra jamais les résoudre. » Dans ce sillage, M. Abdessemed annonce la mise en place d’associations professionnelles pour les filières Electroménager, Cosmétique et Hygiène ainsi que la pour la filière cuir à la rentrée.

La troisième priorité que se fixe le CNC-PME, c’est, explique Salaheddine Abdessmed, «  l’identification des segments de chaque filière pour encourager la sous-traitance et faire de sorte que les investissements à l’intérieur des filières soient complémentaires ». « Il s’agit, dans ce sens, d’identifier les entreprises qui structurent chaque filière pour pouvoir la développer. Et de définir les segments dans lesquels ils interviennent pour assurer un développement cohérent des filières, » détaille-t-il.

Enfin, la quatrième et dernière priorité du CNC-PME, c’est un travail sur le rapport entre les dispositifs d’aide à l’investissement et à l’emploi et le marché.  En effet, selon M. Abdessemed, les lignes directrices de ces dispositifs sont trop générales et ne sont pas adaptés aux besoins du marché.  « Actuellement, les diapositifs d’aides à l’investissement et à l’emploi proposent des formules génériques qui, très souvent, ne sont pas adaptées aux réalités du terrain. De plus, parfois, des aides sont conférées à des filières saturées, ce qui contribue à compliquer davantage la situation. L’Etat ne peut pas interdire à des Algériens d’investir dans tel ou telle filière mais il ne doit pas non plus soutenir les filières saturées », préconise-t-il en  assurant que le Conseil qu’il dirige travailler à adapter les dispositifs d’aides à l’investissement aux exigences du marché de sorte qu’ils soient plus  flexibles et plus efficaces.