Depuis l’avènement du marché de la data mobile, les opérateurs de la téléphonie mobile, à travers le monde, sont confrontés à la concurrence accrue des fournisseurs de contenus OTT (Over The Top, qui désigne l’ensemble des services de streaming, de vidéo à la demande, de la VoIP comme Viber et Skype et des TV connectées comme l’Apple TV). L’OTT est une technologie de diffusion sur Internet de contenus multimédia accessibles sur n’importe quel terminal connecté : PC, Tablette, Smartphone ou SmartTV. Son modèle économique est basé sur le principe de non intervention des opérateurs mobiles dans la relation commerciale des fournisseurs des services OTT avec les clients. Aucun revenu n’est donc généré par les opérateurs à partir de la consommation des services OTT en dehors de ceux débités des frais d’accès à Internet. Pire, l’accroissement mondial du volume consommé de la data issue des OTT menace la qualité de services des opérateurs. Des pannes de congestion de réseaux sont souvent signalées et peuvent être à l’origine d’un taux élevé de désabonnement des clients et bien entendu de la baisse des revenus surtout ceux provenant des communications vocales commutées.

Le mauvais codage des signaux numérisés est la cause essentielle de la congestion des réseaux. En clair, un signal mal codé prend trois fois plus de place sur la bande passante. C’est pourquoi, beaucoup d’opérateurs notamment dans les pays du Golfe, cherchent à éviter ces pannes et à maximiser les revenus des clients en bloquant l’accès à certains services OTT, en particulier Viber et Skype. D’autres opérateurs ont lancé leurs propres services OTT afin de concurrencer directement des sociétés comme Microsoft ou Facebook. En Algérie, depuis l’avènement de la 3G, beaucoup d’utilisateurs sont devenus adeptes des appels vocaux sur Internet ces applications, désertant ainsi les services vocaux des réseaux 2G malgré les offres promotionnelles alléchantes fournis par les opérateurs. Pour se mettre à l’abri d’une baisse importante de ses revenus, un opérateur activant en Algérie a trouvé l’idée d’aligner le prix du mégabit du volume data 3G sur celui de la minute d’une communication vocale 2G. Si l’idée semble géniale, elle reste discutable sur le plan de la régulation tarifaire.