Des milliers de projets n’ont pas pu être concrétisés depuis des années en Algérie, faute d’une mauvaise gestion du foncier industriel.

En effet, des milliers de dossiers d’investissements sont restés en suspens et sans traitement au niveau du Comité d’Assistance à la Localisation et à la Promotion des Investissements et de la Régulation du Foncier (Calpiref).

Et, le peu d’investisseurs qui ont eu la chance de décrocher un terrain n’ont généralement pas pu réaliser leurs projets à cause de diverses contraintes ( zones industrielles non viabilisées, manque d’infrastructures routières, absence de réseau électrique, pas de branchement au réseau d’assainissement, etc.) C’est pour quoi il est impératif de créer une instance nationale chargée du foncier industriel pour traiter les dysfonctionnements d’un système obsolète et défaillant.

De ce fait, l’intervention du gouvernement actuel étant plus qu’impérative pour débloquer cette situation. Il faut des mesures d’urgence pour la création de milliers, voire des millions d’entreprises pour permettre des relais de croissance générateurs d’emplois et de richesse.

La solution pour ces diverses contraintes à l’investissement serait d’opter pour un nouveau modèle, à savoir la création de zones industrielles clé en main. Un système qui a prouvé son efficacité dans plusieurs pays à travers le monde.

Les pays développés et même en Ethiopie et Ruwanda ont évolué grâce à la création de zones industrielles clé en main.

A cet effet, il est impératif et indispensable pour l’Algérie de créer des zones industrielles « Clé en main » avec hangars prêts pour la location à des prix abordables, afin de booster l’investissement et se diriger vers la relance économique, en créant une communauté d’entreprises manufacturières adaptées aux normes internationales en vigueur.

Ainsi, grâce à ce nouveau modèle de gestion du foncier industriel, l’Etat aura plus de visibilité sur son tableau de bord et facilitera la lutte contre l’économie informelle, permettant au Trésor public d’engranger de nouvelles ressources financières, grâce, notamment, à la taxe qui sur les loyers qui devra en résulter.

Ce type de parcs industriels sera le résultat d’une volonté politique, répondant à un aménagement planifié du territoire. Ils sont généralement choisis de façon à offrir de larges espaces fonciers à coût attractif, et d’importants moyens de transports routier, ferroviaire et maritime ou fluvial seront créés.

Généralement, ces grands parcs industriels se construisent autour d’un type d’activité principal, la sous-traitance, la production de divers produits en complémentarité, comme l’industrie mécanique, l’industrie à base de polymères pour la fabrication par injection, par extrusion ou par soufflage des produits en plastique, l’industrie Agroalimentaire, l’industrie automobile ou aéronautique à titre d’exemple, mais les avantages du site attirent aussi des industries tournées vers d’autres productions.

Quand à la réalisation de ces zones, l’Algérie pourrait faire appel, dans un premier temps, aux partenaires chinois. Ces derniers peuvent construire une zone de 100 Hangars de 1000 m2 chacun dans un délai ne dépassant pas les six mois, puis les louer aux investisseurs potentiels à des prix raisonnables. Ils n’ont qu’à placer les machines ou lignes de production et commencer la production. Sachant que c’est un projet qui sera rentabilisé rapidement. Au bout de trois à quatre années maximum,  il y aura retour sur investissement.  En outre, une partie de ce projet ambitieux doit être octroyée aux entreprises algériennes spécialisées dans la construction des hangars en charpente métallique.

Les Communes, à leur tour, s’occuperont de la viabilisation de ces zones, car il est capital d’accorder une importance au temps. C’est la solution la plus rapide pour booster l’économie et la production en Algérie et limiter l’importation.

Dans cette optique, les promoteurs immobiliers Algériens et étrangers pourront avoir accès à des terrains publics, soit au dinar symbolique ou à un prix attractif, afin de construire des zones / parcs industriels clé en main, de 30 à 100 Hangars prêts pour la location, ainsi que différentes surfaces, sans avoir recours à l’établissement d’un cahier des charge et en optant pour un financement bancaire comme tout projet d’investissement rentable.

Une alternative qui permet de raccourcir les délais, d’anticiper les procédures administratives, d’optimiser les coûts et offrir ainsi aux investisseurs la capacité d’entrer immédiatement en phase de production.

Tous ces avantages qu’offrent ces zones industrielles permettent en conséquence de réaliser des gains de productivité. À savoir, réaliser des valeurs ajoutées permettant aux opérateurs économiques d’optimiser, de moderniser et de pérenniser leurs investissements. Cette solution permettra aux promoteurs économiques nationaux et étrangers d’avoir accès aux sites industriels aménagés et dotés de toutes les commodités, répondant aux normes internationales.

En parallèle, l’ex-CALPIREF peut prendre les dossiers d’investissement des opérateurs qui voulantt effectuer une extension de leur activité. La récupération et la réhabilitation des assiettes non exploitées est une solution à établir en parallèle avec la création de nouvelles zones industrielles clé en main avec Hangars destinées à la location.

Dans le monde entier, l’investisseur n’a pas besoin d’établir un dossier pour le présenter puis attendre des années pour pouvoir éventuellement avoir un terrain et enchaîner ensuite avec diverses démarches administratives. Notre pays doit être doté d’un dispositif de lois permettant l’accélération, la facilitation et la simplification des procédures administratives pour la promotion des investissements.

Cela œuvrera à la création de nouveaux écosystèmes, en l’occurrence, les sites industriels clé en main et viabilisés. Ces sites dispenseront les investisseurs des études et des files d’attente interminables aux guichets administratifs.

Pour contourner d’éventuels chocs qui s’annoncent à cause de la fragilité économique, ce projet serait la meilleure solution pour faire sortir définitivement l’économie nationale de la morosité. Qui plus est, la mise en place de ces nouveaux écosystèmes est susceptible de contribuer à l’essor de l’économie. C’est cette diversification qui la rendra solide et l’éloignera progressivement de sa quasi-dépendance aux hydrocarbures.

Mohamed Sayoud

Consultant International en Investissement Industriel et fondateur du cabinet de conseils en investissement Invest Design Consulting